Marie-Pier Gagnon

J’ai longtemps travaillé dans les billetteries. Cinq années à vendre à des clients les billets pour les meilleurs spectacles. Cinq années à remettre aux clients leur billet avant le début de la représentation et à les regarder s’éloigner alors que, le front collé sur la vitre de mon point de vente, je cognais dans la fenêtre qui me séparait de ce monde vibrant en criant « Moi aussi! Moi aussi! ». Le Lèche-Vitrine est donc la douce vengeance d’une préposée à la billetterie. Maintenant, c’est moi qui serai dans la salle. Moi qui profiterai des acteurs, des danseurs, des humoristes, des artistes. À moi les expositions et les événements artistiques. Bref, je vous invite dans ma vendetta culturelle.
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Jain : bombe d’énergie

Pour son deuxième passage à Montréal, l’auteure-compositrice-interprète Jain a enflammé la scène du théâtre Corona mardi dernier.

Depuis l’été dernier, dès que le soleil brille, ou que j’ai envie de le faire apparaître, je mets du Jain à tue-tête. Son premier album Zanaka, qui lui a valu le prix de révélation de l’année aux Victoires de la musique en France, possède ce je-ne-sais-quoi qui me donne irrésistiblement envie de danser. En me dandinant devant mon ordinateur ou en tambourinant sur le volant de ma voiture, la pop groovy de la jeune femme assure un sourire dans mon visage… et sur celui des gens qui me voient danser dans mon auto.

Originaire de Toulouse en France, Jain (prononcé à l’anglaise comme Jane) a aussi grandi en Afrique à cause des voyages de son père pour le travail. L’influence est indéniable. On retrouve dans sa musique ce son africain mêlé à de la soul, du reggae et à une bonne dose de rythme conçu pour faire danser les foules.

Et c’est ce qui s’est passé au Corona cette semaine. Dans une salle à guichet fermé, Jain a su faire bouger les spectateurs dès la première chanson, jusqu’à la toute dernière. En nous faisant taper des mains, agiter les doigts dans les airs, danser, sauter et chanter, elle a su transmettre son énergie à un public charmé. Et de l’énergie, elle en dégage. S’adressant à la salle entre chaque chanson, elle s’exclamait de « Êtes-vous chauds Montréal? » ou de « Êtes-vous prêts à danser? ». Son look de petite fille sage arborant une robe noire à col Claudine, contraste complètement avec sa présence éclatée sur scène.

La jeune artiste de 25 ans a aussi gardé de beaux moments d’émotion, entre autres, lors de la chanson All my days ou lorsqu’elle a interprété une chanson, jamais sortie sur son album, écrite pour Paris à la suite des attentats du Bataclan en levant les doigts en signe de victoire devant les éclairages représentant le drapeau français.

Comme partout où elle passe, Jain a encore conquis le public qui l’attendra pour son prochain passage, en espérant un nouvel album pour un spectacle encore plus long.

Le prochain spectacle de Jain à Montréal sera le 4 août pendant le festival Osheaga.

Musique
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Choix de femme

Jusqu’au 24 mars, la compagnie Les Biches Pensives présente Gamètes au théâtre La Licorne, une pièce de Rébecca Déraspe mise en scène par Sophie Cadieux.

Lou (Annie Darisse) et Aude (Dominique Leclerc), jeunes femmes dans la trentaine, sont d’inséparables amies d’enfance. Le jour où Aude apprend qu’elle attend un enfant trisomique, elle se réfugie chez Lou dans l’attente de compassion et d’une oreille attentive, mais son amie vient plutôt la confronter sur ses valeurs fondamentales. Comment peut-on se réaliser en tant que femme avec un enfant à besoin particulier?

Dans le jugement et un amour profond envers l’autre, les opinions s’entrechoquent et les discours se confrontent. Dans leur féminisme bien-pensant, elles sont pleines de contradictions. Qu’est-ce qu’être une femme accomplie aujourd’hui? En se réalisant professionnellement? En imitant les hommes? Est-ce que le rôle de mère vient détruire toute ambition de réussite sociale? Ou est-ce que le véritable accomplissement, c’est de se tenir au-dessus de « la chorale des opinions »?

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Les dialogues sont francs, tranchants et mordants. On se permet de dire tout haut des choses horribles sur la trisomie, la place des femmes, les relations amoureuses, etc. Les personnages se répondent du « tac-au-tac » avec ironie et sarcasme dans une joute verbale assez divertissante. Parce que malgré la lourdeur apparente du sujet, on rit beaucoup dans cette pièce.

Des coupures nettes dans le dialogue viennent effectuer des retours dans le temps où les comédiennes jouent également des personnages différents pour imager leur passé et nous faire comprendre de quelle façon leur identité et leur amitié se sont forgées au fil des années.

Dans un décor géométrique assez sobre tout en rose pastel qui rappelle les magazines féminins, deux chaises, deux plantes et une paire d’écouteurs constituent les seuls accessoires.

Annie Darisse et Dominique Leclerc brillent sur scène avec leur sens du comique aiguisé et nous emmènent également dans des zones beaucoup plus sombres.

On ne répond peut-être pas à toutes les questions que se posent Lou et Aude, mais c’est l’amitié qui triomphe dans Gamètes.

La pièce Gamètes est présentée au théâtre La Licorne jusqu’au 24 mars.

Théatre
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On fait le Oobopopop!

Le 1er mars dernier, dans le cadre de Montréal en Lumière, c’était soir de première montréalaise pour le groupe Valaire au Club Soda qui s’est rapidement changé en piste de danse tropicale!

Le chanteur Kahli Abdu a d’abord réchauffé la salle en première partie et a donné le ton à une soirée qui s’annonçait complètement groovy.

Si Valaire, ou Misteur Valaire jusqu’à tout récemment, a perdu la moitié de son nom, il n’a absolument rien perdu de son énergie sur scène. Enchaînant les pièces de son dernier album aux accents tropicaux Oobopopop, les garçons originaires de Sherbrooke ont fait danser la foule de la première à la dernière note grâce à leur électro soul pleine de cuivres. Le groupe a également repris quelques succès de son album Golden Bombay paru en 2010, au grand plaisir des spectateurs qui entonnaient les paroles. La température a monté d’un cran lorsque les collaborateurs de l’album Alan Prater et Pierre Kwenders sont montés sur scène pour se joindre au spectacle, maintenant devenu party.

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Et visuellement ? Des panneaux lumineux diffusant des messages, des vestes exotiques, des combinaisons d’aviateurs et… des surprises. De quel genre ? Vous savez ces grands bonshommes soufflés qui bougent dans tous les sens et qui sont souvent mis pour attirer l’attention près des centres commerciaux ? De ce genre-là. Qui se déploient soudainement pendant une chanson. Un beau clin d’œil kitsch qui soulève une foule. Ou encore, après une pause de quelques minutes, les garçons sont revenus sur scène avec des marionnettes géantes à leur effigie qui ont parcouru la salle de main en main.

Pendant cette soirée, on a dansé, on a chanté, on a sauté et on a eu chaud. C’est ça Valaire!

Ils sont présentement en tournée. Ils seront de passage le 1er avril à La Chasse-Galerie.

Musique
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Catastrophe orchestrée

Du 24 janvier au 11 février, la compagnie du Théâtre Niveau Parking présente Act of God au Prospero, une pièce sur les petites et grandes catastrophes qui changent des vies.

Lorsqu’une catastrophe frappe, le monde bascule. Rien n’est plus pareil. Les certitudes disparaissent et tout se déconstruit pour bousculer les vies dans le rayon du cataclysme. Et qu’en est-il lorsque la catastrophe est personnelle ? Elle ne fait pas les manchettes, personne n’en parle, mais elle ravage autant sur son passage la vie des gens concernés qu’un cyclone.

Marie-Josée Bastien et Michel Nadeau signe un brillant puzzle relatant une tragédie anonyme qui frappe deux couples d’amis. Des bribes de l’histoire sont d’abord dévoilées laissant le spectateur perplexe, qui tente de les assembler dans une suite logique. Peu à peu, les morceaux se remettent en place dans un suspense qui laisse place au dénouement dramatique.

En toile de fond, toujours une curiosité morbide; un photographe de guerre (Jean-Michel Déry) qui court les scènes dramatiques, une bénévole d’info-suicide (Véronika Makdissi-Warren) et une adolescente (Maud De Palma-Duquet) qui essaie constamment de frôler la mort. Les personnages se côtoient dans des scènes dont le temps et l’espace varient sans que l’on comprenne réellement les liens qui les unissent jusqu’aux scènes finales.

Et il y a la forêt, ses arbres et ses champignons ou encore le Japon et ses suicides qui prennent tout leur sens une fois le rideau tombé.

Sur scène, tout bouge tout le temps. On passe d’un lieu à l’autre en un claquement de doigts passant d’une zone de guerre au toit d’une gare de train à l’aide d’une structure polyvalente. La scène inclinée rappelle que la vie des personnages tient en équilibre. En début de parcours, ça crie, ça cogne, on installe une ambiance anxiogène qui ne se dissipera pas complètement. Les comédiens changent de personnage drastiquement entre les différentes scènes.

Sous ces sujets lourds, se trouve tout de même une touche d’humour. On sourit à plusieurs reprises pendant la représentation. Mention spéciale à Charles-Étienne Beaulne, en vendeur d’assurances aux expériences amoureuses désastreuses, qui déride l’assistance à presque chacune  de ses présences.

Si les catastrophes chamboulent les univers de tout un chacun, elles créent également des liens qui ne s’effacent jamais.

Act of God, du 24 janvier au 11 février au Théâtre Prospero

Théatre
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Une soirée groovy

Jeudi dernier, Samito et Laurence Nerbonne ont partagé la scène de l’Astral, dans le Quartier des spectacles, dans le cadre du festival Coup de cœur francophone pour une soirée endiablée.

Nous avons eu la chance d’assister à deux spectacles hier plutôt qu’une traditionnelle première partie qui précède généralement le programme principal de la soirée. C’est Samito qui a d’abord chauffé la salle avec son groove mélangeant à la fois la pop, l’électronique et les rythmes traditionnels africains. Cet artiste originaire du Mozambique a été sacré Révélation Radio-Canada 2015-2016.

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Samito génère une énergie à l’état pur qu’il projette au public avec ses rythmes chauds. Sincèrement, une des belles découverte de l’année. Difficile de ne pas sautiller sur sa chaise ou carrément de se lever pour se mettre à danser. Malheureusement, la salle, en formule cabaret, se prêtait peu à ce type de spectacle qui aurait gagné en intensité si la foule s’était mise à se déhancher. On avait bien laissé un espace devant les tables pour que le public y danse, mais seulement quelques courageux ont défié leur timidité et foulé la piste vers la fin de la prestation.

Laurence Nerbonne a pris la relève par la suite. Ex-membre de la formation Hotel Morphée, elle a lancé dernièrement son album solo XO rempli de sons électro-pop contemporains. Elle fut aussi nommée Révélation Radio-Canada pour l’année 2016-2017.

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Avouant au public dès le départ qu’elle revenait d’un camp de création où elle avait dormi neuf heures en trois jours, elle n’en a pourtant rien laissé paraître dans son interprétation juste et énergique. Plus on avançait dans la soirée, plus Nerbonne est devenu volubile y allant de réflexions et d’anecdotes. Un spectacle trop court qui aurait lui aussi mérité un plancher de danse.

Le festival Coup de cœur francophone se poursuit jusqu’au 13 novembre.

Musique
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Photographe moderne… du XIXe siècle

Du 4 novembre 2016 au 26 mars 2017, le Musée McCord présente Notman, photographe visionnaire, une rétrospective des œuvres de William Notman (1826-1891), premier photographe canadien de renommée internationale.

Je me dirigeais au Musée McCord sans grandes attentes. William Notman ? Jamais entendu parler. J’observerais probablement de vieux portraits de modèles sans expression, historiquement intéressants, mais artistiquement sans intérêt. Je me disais que j’aurais fait le tour en une vingtaine de minutes et que je reviendrais à la maison assez tôt pour manger mon spaghetti en regardant une série. Mon attitude un peu nonchalante s’est pourtant reviré sur un dix cents en entrant dans la salle d’exposition où je suis restée quatre fois plus de temps que prévu, complètement intriguée par ce photographe visionnaire (le titre de l’expo est plutôt bien choisi), d’une autre époque.

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Né en Écosse en 1826, William Notman immigre à Montréal avec sa famille dans les années 1850 où il fonde son studio de photographie. Il bâtira le plus grand réseau de studios en Amérique du Nord au XIXe siècle. Surtout connu pour ses portraits mis en scène, il a également su témoigner de la colonisation du territoire canadien avec ses photos grandioses de paysages.

L’exposition est divisée en quatre zones : l’homme d’affaires, l’homme de réseau, l’artiste et le bâtisseur. Ces zones représentent Notman dans sa facette entrepreneuriale qui a fait de lui un homme prospère et dans sa vision de la photographie comme art et non comme un mode d’expression mécanique et figé.

L’exposition présente énormément de matériel. Portraits sur plaques de verre, petits formats, images de la construction du Pont Victoria, des annonces de Notman dans les journaux, des appareils photographiques, des tableaux composites et des photos de paysages. On y trouve les photos dans leurs formats originaux, mais on explore également l’œuvre de Notman par des recompositions vidéo, des projections ou encore à l’aide de bornes interactives mises à la disposition des visiteurs. De grandes photos rétroéclairées jalonnent le parcours.

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Une grande part de l’œuvre de Notman est composée de portraits de la noblesse plutôt classiques, mais il a toujours eu le sens de la mise en scène, pour élever ses images au rang d’art. Des portraits d’enfants jouant dans la neige étaient en fait complètement produits en studio avec des décors ou en créant des collages de photo. Le photographe a également créé d’imposantes fresques, nommées tableaux composites, où il reproduisait de grands événements mondains, mais en créant les portraits individuellement et en les regroupant dans des collages qu’il photographiait par la suite. Bien avant Photoshop, les photographes de l’époque, dont Notman, retouchaient leurs négatifs pour créer des effets ou rehausser des motifs.

Notman, photographe visionnaire, est une exposition extrêmement bien montée. Elle est le témoignage des balbutiements d’une démarche artistique et commerciale chez nous. J’ai finalement comblé ma faim de découvertes, plutôt que de spaghetti.

Musée Exposition
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Le coup de cœur Avec pas d’casque

L’édition 2016 du festival Coup de cœur francophone s’ouvrait jeudi dernier au Club Soda avec le groupe Avec pas d’casque qui a livré une performance intimiste et enveloppante.

On soulignait plusieurs anniversaires pendant cette soirée d’ouverture : les 30 ans de Coup de cœur francophone, les 15 ans du label Dare to care et les 10 ans d’union d’Avec pas d’casque. Stéphane Lafleur et sa bande ont joliment célébré ces événements devant une salle remplie à ras bord.

La soirée s’est amorcée avec la douce musique de Catherine Leduc, ex-Tricot Machine, en première partie qui a « cassé » quelques nouvelles chansons. Avec un brin de nervosité qui a occasionné des débuts de chanson un peu ratés, mais qu’on ne peut que pardonner à la charmante jeune femme.

Catherine Leduc Crédit photo: Jean-François Leblanc

Catherine Leduc Crédit photo: Jean-François Leblanc

Les membres d’Avec pas d’casque sont montés sur scène devant leur public attentif pour entamer leurs chansons au folk aérien. Quatre ans après la sortie de l’incontournable album Astronomie, on retrouve dans leur nouvel opus Effets spéciaux cette même poésie du quotidien singulière qui prend au cœur par sa simplicité.

Spectacle plutôt minimaliste, le public est rapidement entré dans l’intimité du groupe, lui offrant une qualité d’écoute exceptionnelle et provoquant même des moments de communion. Soit, en entonnant en chœur les paroles de La journée qui s’en vient est flambant neuve ou dans un moment de grâce où le chanteur Stéphane Lafleur a demandé de répéter une mélodie de gorge, que même les plus orgueilleux pouvaient chanter sans que ça paraisse, qui s’est prolongée tout au long de la pièce Hu-hum, et même lorsque la musique a cessé. Un moment émouvant où le Club Soda s’est réuni dans une seule voix.

Avec pas d'casque Crédit photo : Jean-François Leblanc

Avec pas d’casque Crédit photo : Jean-François Leblanc

On a souvent ri pendant ce spectacle. Stéphane Lafleur, très drôle pendant ses interventions, a entre autres rappelé de tourner son matelas de côté et de changer ses piles de détecteur de fumée au changement d’heure avant la chanson Il fait noir de bonne heure. Il a également réalisé des entrevues de match avec les membres du groupe pour avoir leurs impressions de leur performance « à chaud », à la manière de joueurs de hockey.

Une soirée d’ouverture qui a réchauffé les cœurs du mois de novembre et qui promet une belle édition du festival.

Coup de cœur francophone se poursuit jusqu’au 13 novembre.

Musique
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Portraits du monde

Pour sa 11e édition à Montréal, l’exposition du World Press Photo est présentée jusqu’au 2 octobre au Marché Bonsecours.

J’ai découvert le World Press Photo en 2007, je crois. Mon copain, alors étudiant en photographie au cégep, devait obligatoirement visiter l’exposition pour un de ses cours. Presque dix ans plus tard, les bancs d’école loin derrière nous, nous nous faisons toujours un devoir d’y assister chaque année. Un devoir de regard, de compréhension et de mémoire sur les événements qui façonnent le monde et l’humanité dans ce qu’ils ont de plus horrible et de plus beau.

Comparé aux Oscars de la photographie, le World Press Photo regroupe les images gagnantes du plus prestigieux concours professionnel au monde. Au total, 5775 photographes de 128 pays ont soumis 83 000 photographies dont quelques dizaines ont été retenues.

Véritable rétrospective annuelle, tous les grands moments de l’actualité de l’année 2015 refont surface en image. Cette année, la crise en Syrie et des réfugiés qui en ont découlé, ont mobilisé les photojournalistes du monde entier. Des images bouleversantes de bateaux surpeuplés, d’enfants blessés, de parents éplorés et l’image, premier prix du concours, d’un père désarmé faisant passer son bébé sous un fil de barbelé pour accéder à un pays d’exil.

On se rend compte en contemplant ces photos saisissantes que nous avons la mémoire bien courte et que nous oublions rapidement une tragédie pour passer à la suivante. Vous souvenez-vous du tremblement de terre au Népal ? Il avait fait les manchettes puisque des Québécois se trouvaient sur l’Everest lors des avalanches qui ont suivi le séisme. Des villes et des villages avaient été détruits. Qu’en est-il de leur reconstruction ? Nous avons tourné la page vers une autre catastrophe.

Éclairant souvent les grands enjeux mondiaux, quelques images montrent également des faits divers ou des chroniques de la vie quotidienne qui n’en restent pas moins poignantes comme une  série présentant les derniers moments d’un couple atteint du cancer.

Il n’en demeure pas moins que le monde contient d’innombrables beautés qui ne sont pas mises de côté. Qu’il s’agisse d’une somptueuse baleine à bosses dans l’immensité de l’océan ou d’un couple de femmes homosexuelles ayant accouché presque en même temps suite à des fécondations in vitro réussies.

La visite se poursuit au deuxième étage du Marché Bonsecours avec l’exposition Regards d’Oxfam-Québec, projetant les inégalités sociales de plusieurs pays, et avec le projet Je ne viens pas de l’espace, concept de la porte-parole du World Press Photo Anaïs Barbeau-Lavalette et du photographe Guillaume Simoneau qui ont rencontré de nouveaux arrivants syriens établis à Montréal.

Le World Press photo, c’est un rendez-vous important avec le monde.

Musée Exposition
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Soirées sur les passerelles

Parés de leurs plus beaux atours, les fashionistas montréalais s’étaient donné rendez-vous dans le Quartier des spectacles cette semaine pour le Festival Mode & Design.

Encore un défi de style pour moi ! J’aime être bien habillée, mais je ne suis définitivement pas à l’affût des dernières tendances. Je fais des fashion faux-pas à l’occasion, je n’agence pas toujours bien les accessoires, bref je ne suis pas une styliste née. C’est donc après une journée au bureau que je me suis présentée au Festival Mode & Design (FMD) vêtue d’une simple robe en jean, entourée d’une faune de blogueurs mode et de photographes arborant colliers chocker, complets originaux, rouge à lèvre noir ou jupes transparentes (des strings magnifiques !).

Montréal n’est peut-être pas encore une capitale de la mode, mais sa scène locale est assurément en ébullition. Organisé par le Groupe Sensation mode, le FMD déploie des boutiques éphémères sur les rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance et met en lumière des créateurs d’ici et d’ailleurs, qu’ils soient de la relève ou bien établis, grâce à une programmation de défilés et de conférences ravissant les amateurs de style en quête de découvertes ou désirant rencontrer les influenceurs reconnus.

Compte-rendu de deux soirées passées sur les passerelles :

Mercredi 17 août

Conférence – Max Abadian

Il a photographié Lady Gaga, Coco Rocha, Cindy Crawford et les plus grands tops modèles de la planète. Arrivé de Téhéran à l’âge de 15 ans, c’est sans un sous en poche que Max Abadian fait ses premières armes en photographie à Montréal. Il prend des cours au Collège Dawson et a travaillé son art quelques années en ne demandant aucun salaire. Aujourd’hui, ses photos font la couverture des plus grands magazines de mode et vit toujours dans la métropole.

Très affable, le photographe a livré généreusement ses impressions sur le monde de la photographie et sur sa démarche personnelle pendant une heure. Celui qui affirme devoir repousser les frontières a assurément inspiré une salle suspendue à ses lèvres.

Défilé Waxman House

C’est l’institution montréalaise en complets et tuxedos Waxman House qui a lancé les festivités sur la scène principale du FMD. Des musiciens de jazz sont d’abord montés sur scène pour jouer une introduction musicale intrigante. Vêtus de complets, deux jeunes hommes ont d’abord défilé sur l’estrade pour ensuite rejoindre les musiciens et entamer un rap bien senti. Il s’agissait du duo de Migs and Silent J qui serait sur scène toute la soirée.

Le spectacle s’est poursuivi, entrecoupé par des défilés de tuxedos et complets portés, entre autres, par nul autre que Zombie Boy. FABjustFab du groupe Random Recipe a également joint le duo. La soirée s’est terminée par un étonnant spectacle de striptease burlesque.

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Jeudi 18 août

Défilé – Marigold

Sur la petite scène du festival, le défilé Marigold a mis en lumière la dernière collection estivale de la jeune créatrice Marilyne Baril. Accompagnées de musiciens live, les mannequins ont défilé sur la passerelle en bois vêtues de robes aux motifs monochromes, de pantalons gigantesques et d’ensembles bleu pâle délicats et féminins.

Page Facebook de Marigold

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Conférence – Scott Schuman

Après avoir travaillé en vente et marketing une bonne partie de sa vie, c’est pendant un arrêt de travail de deux ans, où il a été père à la maison, que Scott Schuman s’est demandé ce qu’il pourrait faire de sa vie pour lier sa passion pour la mode et sa créativité, sachant qu’il n’avait pas le talent d’un designer. C’est en prenant des photos de ses filles qu’il a appris à manipuler un appareil photo. En septembre 2005, il lance le blogue The Sartorialist où il prend des clichés de gens stylés dans la rue. Il lance carrément la tendance du steet styling sur le web. En juin 2006, le célèbre magazine GQ lui passe déjà des commandes. Aujourd’hui, il parcourt le monde à la recherche des plus beaux looks, que ce soit dans une ruelle ou dans les festivals de mode.

Page Facebook de Mode et Design

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Son conte de fée, Scott Schuman le raconte avec humour, volubilité et un charme certain dans la salle comble du Musée d’art contemporain. À l’entendre parler, on comprend sa facilité à convaincre n’importe qui de poser pour lui dans la rue.

Le Festival Mode & Design se poursuit jusqu’à demain, le 20 août 2016.

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Une performance magnétique

Vendredi dernier, le groupe Edward Sharpe and the Magnetic Zeros avait donné rendez-vous à ses fans au Métropolis pour un spectacle généreux et rassembleur.

C’est sans flafla que le leader du groupe, Alex Ebert, et ses musiciens sont entrés sur scène alors que les lumières de la salle n’étaient même pas encore éteintes. Vêtu d’une vieille redingote, de souliers orange, d’un bas rouge monté au genou comme un cycliste et coiffé d’un chignon dépeigné, le chanteur à l’origine de la formation du groupe affichait une dégaine nonchalante et un sens tout à fait théâtral sur scène. Buvant du vin et fumant, il représentait le stéréotype même de l’artiste bohème, alimentant l’effet d’un personnage pourtant extrêmement généreux à l’égard son public.

À de nombreuses reprises pendant le spectacle, Ebert s’est adressé directement à la foule. S’asseyant sur une caisse de son pour demander aux spectateurs dans les premières rangées quelles chansons ils aimeraient entendre ou descendant de la scène pour les faire chanter ou jouer des instruments.

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Au total, dix musiciens forment le groupe. Piano, guitare, batterie, contrebasse et cuivres se côtoient pour créer un ensemble impressionnant. La voix du chanteur tient différents registres allant d’une voix puissante et éraillée sur la pièce Life is hard à une voix haute perchée, presque nasillarde, sur Hot coals.

Le spectacle s’est terminé sur une version chorale de la célèbre pièce Home entonnée par un public conquis connaissant les paroles par cœur. Comme le groupe vit dans un bus de tournée, la chanson détient une signification encore plus importante aujourd’hui, aux dires du chanteur.

Pour le temps d’une soirée, leur maison, c’était Montréal.

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