Juliette Marzano

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RIDM 2016: 128 regards sur le monde

Du 10 au 20 novembre, la 19e édition des Rencontres internationales du documentaire à Montréal (RIDM) présente un véritable portrait du monde contemporain en 128 films d’ici et d’ailleurs. Avec près de 35 pays invités et 13 premières mondiales, la programmation 2016 déborde d’enjeux et de perspectives cruellement actuels.

Des guerres de frontières
Gagnant de l’Ours d’or 2016 au festival de Berlin, Fuocoammare par-delà Lampedusa ouvre les RIDM le jeudi 10 novembre. Alors que le nombre de migrants qui risquent leur vie pour atteindre l’Europe ne cesse d’augmenter, ce film de Gianfranco Rosi est une immersion singulière dans le quotidien de l’ile italienne, célèbre port d’arrivée de nombreux réfugiés. Un journaliste au Front de Santiago Bertolino, connu pour Carré rouge sur fond noir, clôturera le festival. Accompagnant Jesse Rosenfeld, pigiste spécialisé dans la couverture de zones de conflit, Bertolino offre un portrait du journalisme de guerre à l’ère des communications avancées.

La crise des migrants et le durcissement des frontières, thèmes importants de cette édition, s’imposent certainement comme les enjeux de notre époque. The Great Wall (Tadhg O’Sullivan) illustre, par des plans visuellement spectaculaires, les mesures de sécurité utilisées en Europe à la suite de la crise migratoire; Havarie (Philip Scheffner) filme avec une inquiétante étrangeté une embarcation de migrants à la dérive; Ta’ang (Wang Bing) offre un portrait attentif du peuple Ta’ang, une minorité ethnique qui fuit une guerre peu médiatisée à la frontière de la Chine et de la Birmanie.

The Great Wall

The Great Wall


Mixed Feeling, du réalisateur de Five Broken Cameras, Guy Davidi, et Entre les Frontières de Chen Alon semblent en parfait dialogue. Alors que le premier illustre le travail d’Amir Orian, acteur réputé, qui cherche à confronter par le théâtre la jeunesse israélienne sur le conflit israélo-palestinien, le second se glisse dans l’univers de réfugiés soudanais et érythréens prisonniers à Holot depuis des années, qui racontent leurs histoires à l’aide d’un atelier de théâtre, inspiré du Théâtre de l’opprimé de Augusto Boal.

Quand la fiction rencontre le documentaire

La nouvelle catégorie Hors limite propose des documentaires qui brouillent les frontières entre la réalité et la fiction. À la manière d’Elephant de Gus Van Sant, Dark Night (Tim Sutton) s’immisce dans la banalité quotidienne et morbide d’une banlieue américaine, hantée par le massacre commis dans un cinéma du Colorado en 2012 ; All these sleepless night (Michal Marczak) oscille entre des captations sur le vif et des situations actées, déambulant dans l’univers atemporel des soirées technos de la jeunesse de Varsovie ; El futuro perfecto enchevêtre vie réelle et vie fantasmée, à travers l’apprentissage d’une langue d’une jeune femme d’origine chinoise, ayant récemment immigré en Argentine.

All these sleepless nights

All these sleepless night

Les femmes dans le monde : Une quête de liberté

Des récits intimes, extravagants et touchants livrent le quotidien de femmes fortes dans le monde. Manuel de libération d’Alexander Kuznetsov filme le combat de Yulia et Katia,  internées arbitrairement à leur majorité dans un hôpital psychiatrique. Cette soif d’émancipation apparait également dans le récit rocambolesque de Madame B, histoire d’une Nord-Coréenne de Jero Yun. Madame B s’est évadée de la Corée du Nord, a été vendue à un homme par ses passeurs, et tente depuis de s’occuper de ses deux familles, en trafiquant de la drogue aux frontières. Gulîstan, terre de roses, de la Québécoise d’origine turque Zaynê Akyol, documente la vie des combattantes kurdes contre le groupe armé État islamique. Ces femmes révolutionnaires nous plongent dans leurs réflexions, leurs rêves et leurs idéaux de liberté.

Madame B

Madame B

Une parole autochtone

Parmi une sélection d’une quarantaine de films québécois et canadiens, on retrouve des documentaires autochtones aux revendications culturelles et identitaires fortes. Angry Inuk (Alethea Arnaquq-Baril) suit un combat mené par plusieurs Inuits contre les interdictions de chasse aux phoques intentés par des groupes de défense des animaux richement financés;  INAATE/SE/ [it shines a certain way. to a certain place./it flies. falls./] réinvente le récit historique occidental, en créant de manière expérimentale une résonnance avec l’ancienne prophétie ojibwée des sept feux, prémonition de la rencontre avec l’homme blanc.

Angry Inuk

Angry Inuk

Organisée par La Riposte des cinéastes autochtone, une discussion gratuite avec les réalisateurs Adam Khali, Alanis Obomsawin, Alethea Arnaquq-Baril, Audra Simpson, Isabella Weetaluktuk et Zachary Khalil sur la représentation du récit autochtone au cinéma et le renversement des canons traditionnels aura lieu le 12 novembre.

Cette riche programmation prouve la force des RIDM à proposer des documentaires toujours aussi ancrés dans l’air du temps. Beaucoup d’autres activités sont à découvrir durant ces 11 jours de festival. Pour plus d’informations et pour l’achat des billets, consultez le site web de La Vitrine.

 

Cinéma
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En tête-à-tête avec La Tresse

Il suffit d’entrelacer trois mèches pour faire une tresse.

En tête-à-tête avec Geneviève Boulet, Erin O’Loughlin et Laura Toma, j’ai eu la chance de découvrir le nœud que forme La Tresse, un collectif de danse contemporaine basé à Montréal, qui présentera au Festival Quartiers Danses sa toute dernière création Beauté Brute : Volume II.

Donnant le ton à la rencontre, c’est sur l’air de la chanson I’m every women de Whitney Houston que les trois danseuses m’ont d’abord présenté l’un des tableaux de leur chorégraphie. Quelques minutes ont suffi à me faire vivre la qualité expressive de leur travail, car c’est à travers des mouvements vifs que La Tresse explore le corps jusqu’au plus infimes détails. Mains, doigts, pieds, visages, tout y passe, révélant une approche plus esthétique que ce qui se fait actuellement à Montréal.

Geneviève Boulet. crédit photo : Valérie Boulet

Geneviève Boulet. crédit photo : Valérie Boulet

Ce n’est pas étonnant, car c’est à Tel-Aviv en 2012 que le groupe s’est d’abord rencontré. Inspirées par la danse israélienne, plutôt gracieuse et axée sur les détails, Geneviève Boulet et Erin O’Loughlin participent à un stage de danse Gaga avec la compagnie Batsheva. Laura Toma y gradue la même année comme professeure. Le Gaga est un style unique qui favorise le langage corporel par l’exploration de schémas inhabituels de mouvements. Il en résulte des gestes délicats, détaillés, affranchis des conventions et en relation avec l’espace.

Erin O’Loughlin. crédit photo : Valérie Boulet

Erin O’Loughlin. crédit photo : Valérie Boulet

L’année d’après, La Tresse se noue définitivement à Montréal. L’urgence de réfléchir et d’explorer des thèmes qu’elles affectionnent les amène à travailler ensemble. « C’est comme trouver son partenaire de vie, c’est ça qu’on vit. On s’est trouvé et c’était clair qu’il fallait qu’il se passe quelque chose », me confie Geneviève Boulet. Cette affinité commune basée sur une recherche esthétique du corps, entraîne les danseuses à créer des chorégraphies léchées aux gestes libres et émancipés.

Laura Toma. crédit photo : Valérie Boulet

Laura Toma. crédit photo : Valérie Boulet

La féminité à travers sa complexité, le fantasme, le pouvoir et la fragilité, les rituels, les archétypes féminins traditionnels et actuels, sont au cœur de leur travail. De Shiva à Whitney Houston, la féminité est explorée dans sa fluidité. La Tresse dépasse les cadres rigides en allant au-delà des frontières, qu’elles soient disciplinaires, culturelles ou même genrées.

De belles brutes
Le spectacle Beauté Brute : Volume II, qu’elles présenteront le 15 septembre prochain lors de la soirée Relève d’ici II, est une nouvelle proposition inspirée de leur dernière résidence à L’Arsenal. C’est au sein des grands espaces de la fondation privée d’art contemporain qu’a germé cette dernière création. Alors que le volume I s’encrait davantage dans la terre et dans les sombres abîmes du désir, Beauté Brute : Volume II s’ouvre à la spatialité, révélant une atmosphère plus légère et dénudée d’artifices.

Explorant le corps dans sa globalité, elles oscillent aux frontières des catégories : entre l’ordre et le chaos, l’humanité et l’animalité, la vie et la mort, la beauté et la laideur, le cru et le délicat. Sans relâche, elles engagent l’entièreté de leurs corps dans une gestuelle très détaillée. Ce sont trois mèches qui s’entrelacent, tressant un tout indéfinissable.

La 14e édition du Festival Quartiers Danses se poursuit jusqu’au 17 septembre. Plusieurs évènements qui confirment la richesse de la scène contemporaine de Montréal sont à découvrir !

Les billets de la soirée Relève d’ici II sont en vente, juste ici.

D’ici là, faites donc plaisir à vos yeux en visionnant le vidéo de La Tresse et de leur création Beauté Brute : Volume II !

Volume II from LA TRESSE on Vimeo.

Danse
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Joan Jonas : une artiste femme tournée vers l’avenir

Elle a travaillé avec les plus grands, elle a sillonné le monde et ses productions ont fait le tour des plus grandes institutions. Il ne fait aucun doute que Joan Jonas figure parmi les artistes phares de l’art vidéo et de la performance.

Ses intérêts marqués envers la représentation et la perception de l’identité féminine, les politiques écologiques de même que sur la mondialisation et l’hybridité culturelle qui en découle, ont influencés des générations d’artistes. Difficile de résumer cette riche production aux élans avant-gardistes, qui s’échelonne sur cinquante ans. C’est pourtant ce qu’a entrepris avec envergure la Fondation pour l’art contemporain DHC/ART en présentant cet été From Away, une exposition déployée sur les 4 étages du bâtiment patrimonial de la rue St-Jean. S’ajoute à la rétrospective l’œuvre They come to us without a word. Originellement présentée au pavillon des États-Unis lors de la 56e Biennale de Venise (2015), l’installation est une première sur le continent nord-américain!

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Le corps féminin en jeu

Formée d’abord en sculpture, l’artiste américaine renonce au début des années soixante à la production d’objets pour se tourner vers l’expérience vécue. Elle explore un terrain encore novateur à l’époque : celui du mélange entre la performance, la capture vidéo et l’image en différé. Malgré tout, sa formation demeure très importante au sein de sa pratique, car Jonas joue des notions d’espace, du geste et de la matérialité, allant même à considérer les moniteurs de télévision au sein de ses performances comme des objets sculpturaux.

Elle participe à l’émergence du body art, un mouvement qui apparaît avec les enjeux féministes de l’époque. Dès ses premières performances, la diffusion de l’image en direct et le miroir deviennent des motifs récurrents, révélant les enjeux du corps féminin et de sa représentation réelle et imaginaire.

Cette relation entre le corps de l’artiste et le public conduit à la création de performances aux chorégraphies audacieuses et presque rituelles, telle que ses séries emblématiques Mirror Pieces et Organic Honey. Présentées au travers d’archives vidéos, d’objets, d’images photographiques et de bandes sonores, ces séries aux multiples versions dévoilent au sein des espaces de DHC/ART, une attitude presque obsessionnelle de l’artiste envers la représentation de son corps.

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Un art qui éclaire des dangers

C’est en se baladant dans les espaces de la galerie que l’on prend conscience de l’interdisciplinarité et de la flexibilité de la pratique de Jonas. Et pourtant, d’une salle à l’autre, il se tisse un fil conducteur d’une grande poésie, qui interpelle le rêveur et le plonge dans la contemplation. La littérature, la culture populaire, l’histoire de l’art, le cinéma et les voyages sont au cœur du travail de l’artiste. Ses œuvres sont des collages, desquels naissent sans cesse de nouveaux sens.

Sa dernière création, They come to us without a word, est probablement la plus significative. S’inspirant des histoires de fantômes, de la tradition orale du Cap-Breton et du livre de John Berger intitulé Why Look at Animals?, l’installation crée un environnement immersif, dans lequel vidéos, dessins et sculptures se juxtaposent. À la manière d’un tableau vivant, l’œuvre se déploie en cinq salles et explore des thèmes et des enjeux environnementaux actuels, notamment la disparition des abeilles, la question de la domesticité des animaux, la force et la fragilité des éléments naturels, et l’avenir, symbolisé par des enfants.

Alors que nous sommes bombardés d’informations à une vitesse effrayantes chaque jour, From Away entraine le spectateur dans un univers ralenti par la poésie, les métaphores et les voyages. Un art de la redéfinition et du nouveau regard, qui fait de Joan Jonas une artiste femme impressionnante au travail artistique toujours actuel.

Arts Médiatiques
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Les Jeux olympiques de 1976: une aventure d’hier à aujourd’hui

Alors que les Jeux olympiques d’été de Rio de Janeiro commenceront dans à peine quelques jours et que plusieurs seront rivés sur leur téléviseur, le Parc olympique de Montréal vous propose cet été de replonger 40 ans en arrière, au moment des premières olympiades d’été du Canada.

Le 17 juillet 1976 précisément, Montréal accueillait 6084 athlètes, de 92 pays différents, venus s’affronter dans 196 épreuves sportives, devant 76 000 spectateurs. Au total, on comptera 3 195 170 spectateurs et 1 milliard de téléspectateurs. Un moment historique pour la deuxième plus grande ville du Canada, qui pour l’occasion fait appel à l’architecte Roger Taillibert afin de construire le plus haut mât incliné au monde, nommé le stade olympique. En entrevue avec Cedric Essiminy, conseiller en relations publiques au Parc olympique, nous avons eu la chance de discuter de cette fabuleuse aventure qu’a connue Montréal, à travers l’exposition Souvenirs de 1976.

« J’étais encore trop jeune pour savoir c’était quoi l’ambiance à l’époque », nous confie d’abord Essiminy, « même pour quelqu’un qui a 35 ans passés, ce sont des choses nouvelles ». De manière chronologique, l’exposition nous amène à vivre l’organisation des Jeux et les 15 jours d’exaltations qui l’on suivit. « À l’époque en 76, on n’avait pas vraiment confiance en nous, en tant que Québécois, et puis c’était vraiment de se rendre compte que le monde entier débarquait chez nous. »

Au travers du parcours, les visiteurs sont invités à découvrir des récits, des anecdotes, des artéfacts, des images d’archives, des documents écrits, et même des exploits filmés de figures marquantes. C’est effectivement en 1976 à Montréal que la jeune roumaine de 14 ans, Nadia Comaneci, atteint une note parfaite aux barres asymétriques, et que Bruce Jenner, maintenant connue sous le nom de Caitlyn Jenner, accomplit au décathlon une performance épique, inscrivant dès lors un nouveau record du monde.

Exposition au Musée Dufresne-Nincheri

Exposition au Musée Dufresne-Nincheri

Voir grand, faire grand

À l’instar de l’Exposition universelle de 1967, les Jeux olympiques de Montréal sont nés de l’esprit ambitieux du maire Jean Drapeau, celui-là même qui assurera dès le départ aux citoyens qu’« il est aussi impossible pour les Jeux olympiques de Montréal de produire un déficit que pour un homme de devenir enceint[e] ». Une affirmation qui s’avèrera malheureusement fausse.

Les Jeux ne se sont effectivement pas réalisés sans embuche. Prenant du retard dans la construction en raison de grèves ouvrières, de la complexité architecturale et de l’augmentation imprévue des prix des matériaux, le mât du stade sera complété qu’en 1987, soit après les Jeux olympiques. « En 75, il n’y avait pratiquement rien. On était tellement dernière minute que la veille de l’ouverture des Jeux on posait le gazon ! », nous lance Essiminy en riant. Entretemps, Drapeau, qui s’était désigné maitre de chantier, se fera remplacer par la RIO (Régie des installations olympiques), un organisme paragouvernemental créé spécialement pour régler la situation.

Il faut dire qu’à l’époque c’était pratiquement inimaginable de recevoir un tel évènement au Québec, surtout lorsqu’on se l’était vu refuser déjà 3 fois auparavant. « Les organisateurs étaient dans la jeune vingtaine, ils ne savaient pas dans quoi ils s’embarquaient. Celle qui s’occupait de la gymnastique nous a dit : “on a reçu le cahier de charge qui provenait de Munich, tout rédigé en allemand. On a regardé ça, personne ne savait lire l’allemand, on l’a pris et on s’est lancé.” »

Les Bâtisseurs à la Maison de la culture Maisonneuve

Les Bâtisseurs à la Maison de la culture Maisonneuve

Revivre les olympiades de Montréal

L’exposition met en évidence les faits saillants généralement oubliés. Plusieurs tensions sociales et politiques sont évoquées, notamment le boycottage des Jeux par les pays africains, en raison de la participation de la Nouvelle-Zélande. Cette dernière avait envoyé une équipe de rugby en Afrique du Sud, pays très marqué au cours du XXe siècle par l’apartheid.

C’est également la chance de revivre, par l’entremise de textes ou d’installations vidéos, des performances et de découvrir certains athlètes oubliés. C’est le cas du gymnaste Nikolai Andrianov, qui s’est vu attribuer 7 médailles dont 4 d’or, soit plus que quiconque à Montréal, de même que de Nelli Kim, qui a obtenu une note parfaite après Comaneci.

Pour ceux qui souhaiteraient même incarner un athlète, une expérience de réalité virtuelle, vous mettant dans la peau d’un plongeur de 10m, vous est proposée. De quoi faire frissonner les petits comme les grands !

Ce qu’il reste de 1976

Les Jeux de 1976 ont véritablement marqué le Québec. Une fois qu’ils se sont terminés, le COJO (Comité organisationnelle des Jeux olympiques) a donné ses installations à la RIO, ce qui a permis le déploiement de fédérations sportives.

Qu’on en parle en bien, qu’on en parle en mal, il fait nul doute que Montréal ne serait pas ce qu’elle est sans son stade, devenu au fil des ans une figure emblématique. « Rares sont les installations de cette envergure qui 40 ans après sont encore en mesure de servir autant qu’elles servent présentement. », exprime Essiminy. En effet, le Parc olympique accueille toutes sortes d’évènements : du sport, aux salons, des spectacles, tout y passe ! Une foule d’activités vous est offerte cet été, notamment un concert de l’Orchestre Symphonique de Montréal gratuit le 10 août prochain, le café/biergarten Les Jardineries, des food trucks les Premiers Vendredis, le festival sportif Jackalope, et bien d’autres.

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« On a tout eu ici ! », s’exclame Essiminy. En 40 ans, le stade a reçu la visite d’une kyrielle de figures marquantes : « New Kids on the Block est passé ici, Michael Jackson, les Expos, le pape Jean Paul II, Céline Dion, Diane Dufresne, Muhammad Ali, Pink Floyd, David Bowie, The Police. Tous les grands des dernières décennies sont passés ici ! »

Bien plus est à découvrir au Stade Olympique avec Souvenirs de 1976. L’exposition se déploie également au musée Dufresne-Nincheri, qui célèbre l’architecture du stade, et à la Maison de la culture Maisonneuve, qui rend hommage aux bâtisseurs.

 

Musée Exposition
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18e édition du festival MEG!

C’est jeudi dernier que le festival Montréal Electronic Groove, mieux connu sous l’acronyme de MEG, lançait sa première soirée à la Société des Arts technologiques (SAT). Donnant le ton à la 18e édition du festival, l’évènement a fait vibrer la foule avec de surprenants sets électro et techno de Mr.Deraspe (CA), Salut C’est cool (FR) et Mimetic (CH).

Il y a 18 ans déjà, soit en 1999, Mustapha Terki et Jacques Primeau démarraient le projet audacieux et innovateur de créer un festival de musique électronique à Montréal. Avant même que soit fondé le Piknic Électronik, îleSoniq, et même Mutek, MEG s’était donné le mandat d’offrir une chance inouïe à des artistes de talents, et souvent émergents, de se faire découvrir à Montréal.

Syzzors. Crédit : Sors-tu.ca

Syzzors. Crédit : Sors-tu.ca

C’est par sa programmation visionnaire que le MEG a su construire au court des années sa réputation. D’ailleurs, c’est à cet évènement que l’on doit la prestation de Justice en 2005, soit bien avant la notoriété qu’on leur connait aujourd’hui. On compte également plusieurs grosses pointures dans l’histoire du festival, entre autres, Tiga, M.I.A., James Murphy, Richie Hawtin, Chromeo, Brodinski, Santogold, Le Tigre, Gesaffelstein, pour ne nommer que ceux-là.

Officiellement majeur et vacciné!

Comme à l’habitude, le festival nous propose cette année des découvertes locales et internationales. Seulement, le mélange culturel France/Canada est particulièrement fort pour cette édition. Ainsi ont été invité pour l’occasion Superpoze (FR), Mansfield Tya (FR), Robert Robert (CA), Syzzors (CA), Fonkynson (CA), La Fine équipe (FR), et bien d’autres. Ayant connu un succès éclair en Europe, Superpoze est réputé pour livrer des sets électro mélodiques d’une forte sensibilité.

Ryan Playground

Ryan Playground

Et c’est loin d’être terminé, puisque MEG se déploie jusqu’au 31 juillet. D’ici là, il vous reste plusieurs soirées à découvrir. Le party de préouverture d’Osheaga s’annonce particulièrement chaud avec sa brochette d’artistes de talent. Au menu, le jeune producteur Tibe (CA), WYLN et ses créations hip hop et post-r&b ainsi que la chanteuse, modèle et productrice Ryan Playground (CA), connue de la scène montréalaise pour ses sets aux sonorités hip-hop et trap.

En attendant, pourquoi ne pas écouter la playlist du MEG juste ici ?

 

Musique
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Quand les automates défient l’art contemporain

Existe-t-il des formes d’intelligences artificielles assez développées pour créer des oeuvres d’art à l’égal de l’homme? Et si oui, quelles sont les conséquences sur l’art et la culture? Voilà les réflexions qui fondent, à travers diverses propositions artistiques locales et internationales, la 3e Biennale d’art numérique. Déjà amorcée depuis le 3 juin, cette dernière se déploie dans plusieurs lieux artistiques de Montréal, dont l’Arsenal art contemporain, qui constitue son point d’ancrage principal.

Cette année sous le thème AUTOMATA : L’art fait par les machines pour les machines, la BIAN vous propose une diversité de créations alliant robotique, installation, réalité virtuelle, réalité augmentée, sculpture, photographie et même vidéo numérique. Si la Suisse est à l’honneur cette année, plusieurs pays sont également de la partie, notamment la Corée du Sud, la Yougoslavie, l’Afrique du Sud, l’Autriche, les États Unis, la France, l’Espagne, et d’autres.

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bios [bible]

À l’heure où la technologie façonne notre quotidien d’une manière si usuelle que l’on ne la remarque pratiquement plus, les oeuvres d’AUTOMATA poussent la réflexion sur les potentialités créatives, techniques, cognitives, voire même parfois dangereuses, que recèle le développement de cette dernière sur la culture et la société. C’est ainsi que le robot industriel bios [bible] met en relation deux systèmes culturels constitutifs de la société occidentale —la Foi et le rationalisme scientifique— en retranscrivant de manière manuscrite la bible sur papier; que l’installation What do machines sing of? chante les grands classiques de la chanson pop des années 90, en cherchant à reproduire les sentiments humains; que Nihil ex Nihilo, une sculpture électronique composée d’afficheurs alphanumériques, dialogue à partir d’un algorithme interne avec les machines du réseau, questionnant ici l’éventuelle autonomie des ordinateurs intelligents.

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Nihil ex Nihilo

Bien que certaines soient plus ludiques, on retrouve également au sein de l’exposition des oeuvres à caractère politique. Trackpad, US Drone Strikes, Yemen 2014, de l’artiste français Jean-Benoit Lallemant, reporte les points d’impact des drones américains au Yémen sur une toile de lin. Sans laisser de trace, l’oeuvre porte un véritable commentaire sur la froide mécanisation de la guerre contemporaine, de plus en plus télécommandée. L’oeuvre vidéo de Kim Joon, Calf Red Snakes, s’intéresse quant à elle à la relation du corps et du tatouage, un tabou culturel en Corée du Sud. Tatouées d’attribut animal, les chaires se frottent lascivement de manière à rendre inconfortable celui qui les regarde. Elles révèlent en ce sens la répression sociale ambiante, qui s’appuie sur un ensemble rigide de conventions culturelles.

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Calf Red Snakes

À ceux qui croyaient que les machines ne servaient qu’à reproduire, elles nous prouvent ici le contraire. Et comme le dit le dicton « que tel est pris qui croyait prendre », puisque les automates nous donnent une leçon : celle que l’homme n’est peut-être pas le seul créateur doué de sens artistique.

Jusqu’au 3 juillet, les machines d’AUTOMATA promettent de défier nos appréhensions. Une panoplie d’activités et d’expositions de la BIAN sont également à découvrir tout l’été à travers Montréal! Pour plus d’informations, consultez le site de La Vitrine!

 

Arts Médiatiques
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Avis aux noctambules, les Nocturnes se poursuivent!

Depuis mercredi les fins connaisseurs et curieux errent entre les murs du Musée d’art contemporain de Montréal, à la recherche d’expériences visuelles et auditives. En effet, Mutek et ses Nocturnes ont débuté, et plusieurs comme nous ont eu la chance d’assister à des soirées intenses en sons et en images. Plus particulièrement, la Nocturne 2 du jeudi 2 juin a su livrer une ambiance hypnotique et colorée, à la hauteur de nos attentes ! Voici un topo de la soirée.

Parmi les nombreuses soirées proposées au festival — que je résume ici —, les Nocturnes sont probablement les plus expérimentales. Se déroulant entre les étages du MAC, la programmation se divise en deux salles, soit : la salle principale et la salle BWR au -1. Libre à vous de vous balader d’une salle à l’autre, à la recherche de votre flamme musicale.

La soirée de jeudi comptait un bon nombre d’artistes femmes, entre autres Laura Luna, Sarah Davachi et Kara-Lis Coverdale. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques de la 17e édition du festival. Si la musique électronique est souvent associée à un univers masculin, pour Coverdale cette séparation genrée relève d’un conditionnement social, et non d’une prédisposition naturelle. L’artiste en provenance d’Hamilton a d’abord été formée comme claviériste classique. Productrice, musicienne et compositrice, elle s’intéresse particulièrement aux effets de collages entre techniques musicales traditionnelles et celles inhérentes à l’univers électronique. Son live set nous a transportés vers un univers onirique et hypnotique enivrant.

Laura Luna

Laura Luna

Coverdale a participé aux deux derniers albums de la tête d’affiche de la soirée, Tim Hecker. Accompagné des environnements visuels immersifs de Marcel Weber, alias MFO, l’artiste canadien y est allé d’une prestation épurée aux effets sonores et visuels simples, mais ô combien percutants ! Avec 20 ans de carrière et huit albums solos, le maestro de la musique électronique nous a offert un set d’ambiance noise hors du commun. L’aspect vaporeux de l’espace accentuait l’expérience sensorielle intense.

À notre plus grand plaisir, le set de fin de soirée de Peder Mannerfelt, alias Subliminal Kid, a été une merveilleuse découverte. Les expérimentations polyrythmiques de l’artiste suédois ont su faire grouiller l’audience. Dissimulé derrière une chevelure synthétique blonde, Mannerfelt a joué une musique expérimentale accompagnée d’effets visuels psychédéliques. En première nord-américaine, l’artiste a utilisé des synthés modulaires et analogues afin de produire des rythmes denses et vibrant à travers tout le corps.

Peder Mannerfelt

Peder Mannerfelt

Mutek c’est non seulement des soirées d’artistes renommés, mais également une opportunité inédite de découvrir des musiciens internationaux émergents. Jusqu’au 5 juin, les Nocturnes se poursuivent au Musée d’art contemporain de Montréal et promettent d’autres belles expériences ! Serez-vous de la partie ?

 

Musique
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À voir et à faire à Mutek17

L’été est finalement arrivé, et qui dit été à Montréal, dit lot de festivités ! Toujours paré à répondre aux attentes des adeptes de musiques électroniques et de créations numériques, le festival Mutek propose avec sa 17e édition une programmation éclatée. Artistes canadiens et internationaux, émergents et établis se côtoieront du 1er au 5 juin dans plusieurs lieux du Quartier des spectacles. Vous manquez de temps et voulez profiter au maximum de l’expérience ? Pas de panique, nous vous offrons une couverture des soirées et des évènements à ne pas manquer !

Pour démarrer en beauté, le festival vous propose, le mercredi 1er juin, une performance du maitre londonien de la techno Lee Gamble, accompagné de l’animateur et motion designer Dave Gaskarth. Cet évènement prend place dans le cadre des Nocturnes du Musée d’art contemporain, qui se déploieront tout au long du festival. En plus de pouvoir contempler l’exposition rétrospective de l’artiste québécois Edmund Alleyn, le musée vous offre une programmation double : dans la salle principale et dans la salle BWR au -1. On vous conseille également la performance sensorielle aux effets de brouillards et aux éruptions lumineuses de l’artiste sonore canadien, Tim Hecker, lors de la Nocturne 2.

Expérience au Jardin Gamelin

Expérience au Parterre de Quartier des Spectacles

Comme à l’habitude, le festival conquiert l’espace du Métropolis avec deux soirées enflammées, issues d’une collaboration avec le Red Bull Music Academy. Au menu, une programmation éclectique de techno big room avec des live sets inédits d’artistes internationaux, dont : Function (3 juin), pionnier de musique underground en résidence au célèbre Berghaim de Berlin ; Lakker (3 juin), un duo irlandais aux sonorités dub-techno ; et le producteur de tech house Barac (4 juin), en provenance de Bucarest.

Mutek vous offre également la chance de vivre des expériences audiovisuelles hors du commun à la salle Pierre-Mercure, lors des sessions A/VISIONS. Le samedi 4 juin, le festival accueille en première mondiale la performance Dark Hearts Of Space des artistes russes installés à Berlin, Dasha Rush et Stanislav Glasov. Développée avec le Banff Center, cette dernière explore, à travers la musique et les arts visuels, les effets poétiques des trous noirs.

Pour les incertains qui n’ont pas encore la piqûre du festival, les fins d’après-midis Expériences, présentées gratuitement au Parterre du Quartier des spectacles, sont une bonne option découverte. On vous recommande, notamment, celle du 4 juin avec Machinedrum, artiste américain connu également sous son récent projet Aden. L’as de la versatilité offre des live sets aux accents techno, jungle, hip-hop et footwork.

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Enfin, c’est encore sous l’Homme de Calder que se couronnera dimanche la 17e édition du festival, en raison de sa collaboration avec le Piknic Électronik. Quoi de plus plaisant que de vibrer aux rythmes de la musique acid house de Josh Wink, sous le soleil du parc Jean Drapeau ?

Mutek c’est aussi une programmation de jour avec des ateliers, des conférences et une exposition de réalité virtuelle au Centre Phi. Du 1er au 5 juin, cet évènement promet d’être aussi varié qu’exalté ! Et pour les billets, on fait quoi ? Tout ça est en vente sur le site de La Vitrine ! Alors, ça vous tente ?

Musique