Émilie Gauthier

Après avoir contribué au 7e art pendant près de 20 ans, à satisfaire mon besoin de création et de culture à travers les couleurs de mes palettes de maquillage, les rencontres humaines fascinantes et l’imaginaire bouillonnant de plusieurs grands artistes… j'ai envie aujourd’hui d’aller puiser mes “denrées” culturelles dans différentes sphères d’expression. Je choisis de stimuler tous mes sens en explorant davantage la musique, la gastronomie, la photo, et toutes les formes d’art qui m’inspire et me donne envie d’écrire!
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BGL de fantaisie par Benjamin Hogue

BGL ça commence par trois jeunes artistes qui se rencontrent à l’université Laval en 1996. Le genre de rencontre qui change une vie… ou plutôt qui sera responsable de la tracer, cette vie, du moins pour les prochaines décennies!

Le B c’est pour Jasmin Bilodeau, le G pour Sébastien Giguère, et le L pour Nicolas Laverdière…un trio de poètes bricoleurs aux coeurs immuablement jeunes, qui, depuis 20 ans maintenant, continu de manœuvrer leur art sans jamais perdre le vent dans les voiles, bien au contraire!

Avec leur imaginaire fertile et loufoque, le collectif de joyeux lurons n’a pas cessé de nous subjuguer que ce soit leurs cabines téléphoniques en bois intitulés Rejoindre quelqu’un installées dans le décor champêtre de St-Jean Port-Joli en 1999, ou leur fameuse installation au MAC  À l’abri des arbres  au message environnemental frappant, ou encore leur carrousel de paniers d’épiceries installé à Sudbury…BGL émerveille, et saisit aussi. S’ils n’éveillent pas la magie ou l’enfant en nous, ils incitent à une réflexion sociale ou humanitaire.

En 2015, Benjamin Hogue, producteur et réalisateur de documentaires (Lemoyne, Le chômeur de la mort, Godin) se trouve à passer la nuit dans l’atelier de BGL. Il observe cet espace reflétant l’esprit burlesque du trio d’artistes et devient rapidement fasciné par leur génie et leur excentricité. L’envie de les épier se fait sentir et il parvient à les convaincre de, non seulement lui laisser une petite place dans leur bulle, mais de tourner les projecteurs vers eux pour la première fois, ce qui semble être un exploit en soi. Les trois partagent la même nature discrète et peut-être même un peu sauvage, du moins face à la célébrité.

On se sent donc privilégié d’entrer dans leur univers et de découvrir leur processus de création bien unique, surtout que le « timing » était parfait : Hogue a démarré la production de son film au moment où le groupe se voyait offrir les trois plus gros projets de leur carrière (Canadassimo pour la Biennale de Venise, le Pool Lane pour le centre sportif Pan-Am de Toronto, et La vélocité des lieux pour le carrefour Henri-Bourrassa-Pie IX à Montréal).

Le réalisateur a rempli son mandat d’être invisible pour enrichir son film de moments extrêmement intéressants, comme de les voir réfléchir sur les aspects techniques des installations ou alors de les retrouver délirants en fin de soirée au moment où les yeux chauffent d’épuisement, mais que les coups de pinceau persistent au rythme des divagations qui se disent, ou se chantent.

On aime découvrir la naissance du trio d’art contemporain par l’entremise d’archives insérées au fabuleux montage du film, et ensuite comprendre le fil conducteur entre chacune de leurs œuvres : cette préoccupation pour ce qui est menacé, ce qui disparaît, la dénaturation des choses et le passage du temps.

BGL de Fantaisie est présenté jusqu’au 1er juin à la Cinémathèque québécoise et au Cinéma du Parc.

Cinéma
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Mundos

Jusqu’au 14 mai au Musée d’art contemporain (MAC), est présenté Mundos, l’exposition poignante de Teresa Margolles, artiste activiste mexicaine qui, par ses installations-chocs, ses vidéos saisissants, et ses photographies troublantes, dénonce l’atroce réalité dans laquelle son pays baigne depuis la l’arrivée des narcotrafiquants. D’une façon extrêmement percutante, elle dirige notre regard vers le féminicide, les assassinats et disparitions de milliers de jeunes femmes, l’exclusion et les injustices sociales. Elle a choisi de parler le même langage que cette violence inhumaine pour la dévoiler au monde entier… de façon crue et brutale.

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Teresa Margolles, a tout d’abord étudié la pathologie et la médecine légale, avant de créer un collectif d’artistes nommé SEMEFO (acronyme du bureau du coroner mexicain), qui, à travers l’art, s’exprimait sur la violence sociale et les morts cruelles du Mexique. Aujourd’hui, on discerne dans ses oeuvres, son intérêt et ses connaissances face à la morgue…se servant de certains objets ayant servi aux autopsies comme véhicule d’expression.

Son art percute, de façon nécessaire, je crois, parce que tel que l’artiste le souhaitait, on en sort ébranlé… ce qui est bien la moindre des émotions pour les fortunés que nous sommes face à ces drames quotidiens qui bouleverse la vie d’innombrables humains.

L’exposition Mundos est présentée jusqu’au 14 mai au Musée d’art contemporain. À voir!

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Mazza remue le Québec jusqu’en 2018!

C’est un mélange de nationalités riche en couleurs, jumelé d’une énergie explosive et d’un taux de testostérone de 9.2, qui contribue à faire de Mariana Mazza une humoriste déchaînée! On n’a pas de difficulté à croire qu’un jour un médecin lui a annoncé qu’elle avait un taux d’hormones mâles plus élevé que les mâles eux-mêmes. Avec sa voix rauque, son humour graveleux et une absence totale de filtre, elle s’expose dans sa totalité, teintée d’autodérision et d’émancipation. Elle surprend, secoue et provoque pour le grand plaisir d’une foule en larmes. Pas étonnant que Mazza soit devenue une vedette si rapidement : elle rejoint son public cible à merveille, on la veut tous dans nos partys! Cela étant dit, ce spectacle s’adresse à un public averti, tenez-vous le pour dit!

Mariana Mazza est présentement en tournée avec « Femme ta gueule! » à travers le Québec jusqu’en 2018. À noter qu’elle sera au Théâtre St-Denis les 10,11 et 12 février prochains.

Humour
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Soirée d’ouverture du Festival Cinémania

Avec plus de 70 productions à son actif et couronnée de 6 césars, la sublime actrice Nicole Garcia est l’invitée d’honneur à la 22e  édition du Festival de films francophones Cinémania. Elle ouvre le festival avec son 8e film à titre de réalisatrice, Mal de pierres, mettant en vedette Marion Cotillard, en nous livrant une performance absolument saisissante.

Mal de pierres nous transporte dans une Provence des années ’50, là où vit Gabrielle, émouvante jeune rêveuse, avide d’amour passionnel. La croyant folle, sa famille s’en libère en la mariant promptement au timide ouvrier espagnol, José, de qui elle n’est pas amoureuse. Ils iront vivre à Lyon pour fonder une famille, mais le feu intérieur de la protagoniste se réveillera de nouveau, cette fois en l’amenant à vivre une histoire d’amour charnelle et déchirante avec un lieutenant revenu blessé de la guerre d’Indochine. Elle y trouvera ce qu’elle appelle : « la chose principale » et s’y accrochera, éplorée, mais déterminée. Ce n’est que des années plus tard que le mirage du désir sera démasqué.

Mal de pierres maintenant à l’affiche dans plusieurs cinémas à Montréal. Le Festival de films francophones Cinémania quant à lui se poursuit au Cinéma Impérial jusqu’au 13 novembre. Découvrez la programmation sur notre site !

Cinéma
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La photographie à l’honneur au Musée des Beaux-Arts

Ça y est l’automne est bien installé, et comme à chaque année, les premiers coups de froid nous saisissent violemment… on s’emmitoufle comme s’il faisait -15 et on grimace à s’en donner des rides au front. Mais, on sait très bien que l’ont finira par s’habituer. En attendant, j’ai décidé que c’était le temps d’aller faire le plein de beauté, et ce bien au chaud. Vous aurez deviné que je vous propose donc d’aller au musée.

Et tout comme à longueur d’année, la programmation actuelle des deux grands musées de Montréal est extrêmement riche.  On nous présente les oeuvres d’artistes de tout genre; ici passionnés, ici engagés, ici utopiste, mais quelque soit la démarche artistique, on en sort toujours rempli et émerveillé.

Hier, je suis allée visiter les deux expositions de photos qui ont débuté ce mois-ci au Musée des Beaux Arts.

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Tout d’abord c’est au sous-sol que je me suis dirigée, pour aller voir le travail d’une trentaine de photographes canadiennes et américaines, qui, part le biais de leurs objectifs, nous propose une réflexion. Parfois ce sera sous la forme d’un tableau insolite, d’un paysage, de portraits stoïques racontant une histoire, ou d’images troublantes exposant la réalité de certaines. Nous sommes aussi attendries par une série d’images signées Claire Beaugrand-Champagne, photographe québécoise de talent, qui choisit cette fois de poser son appareil sur les personnes âgées dans toute leur noblesse. Il y aura quelques oeuvres de Geneviève Cadieux et d’Isabelle Hayeur également, nous rappelant à quel point nous sommes riches de nos brillants artistes au Québec.

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Que ce soit au nom des femmes, de l’art, ou tout simplement par amour pour la photo, l’exposition Elles Photographes mérite d’être vue.

 

La deuxième partie de ma visite a été allouée à l’expo vedette du moment; la rétrospective consacrée à l’un des plus célèbres photographes américains des années ’80, le controversé Robert Mapplethorpe. Le musée nous présente l’ensemble de son oeuvre, partant de la fin des années 1960 jusqu’à sa mort précoce, en 1989.

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On reconnait les images de Mapplethorpe, majoritairement noir et blanc, par l’intensité des contrastes, les noirs très noirs et les blancs très blancs. Je dirais qu’elles se distinguent aussi par leurs jeux d’angles, de formes, et de symétrie, d’ailleurs il le dira lui-même un jour;  “Je cherche la perfection dans la forme, je fais cela avec les portraits, je le fais avec les sexes, je le fais avec les fleurs.”

Il se sera intéressé aux trois mêmes sujets tout au long de sa carrière; les portraits (souvent  de célébrités et d’amis), les corps d’hommes nus, immortalisés de façon sculpturale et parfois troublante, et finalement les fleurs, délicates et élégantes, toujours éclairées à la perfection et traitées avec méticulosité, ressemblant davantage à des peintures qu’à des photographies.

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Cette exposition nous propose le parcours et le regard unique d’un homme fascinant ayant imposé son art révolutionnaire à l’ère de la contre-culture. À voir!

Elles, jusqu’au 19 février 2017

Focus: perfection Robert Mapplethorpe, jusqu’au 22 janvier 2017

 

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Quoi voir au Festival du Nouveau Cinéma

Dans quelques jours débutera la 45e édition du Festival du nouveau cinéma à Montréal. Depuis 1971, le FNC a comme mission de célébrer le 7e art en le mettant de l’avant sous toutes ses formes et en servant de tremplin pour certaines œuvres inédites. Avec une programmation de plus de 300 titres internationaux; longs métrages, courts métrages, documentaires, installations multimédias, conférences et autres évènements, présentés dans 11 lieux différents de la métropole, il y aura de quoi être divertie.

Le film de Kim Nguyen, Two Lovers And A Bear, ouvrira le festival le 5 octobre au Théâtre Maisonneuve, sous invitations seulement. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes cette année, le nouveau film du réalisateur de Rebelle est grandement attendu. À noter que le film prendra l’affiche deux jours plus tard à Montréal.

En primeur cette année, la SAT (Société des arts technologiques), explorant le futur du cinéma en collaboration avec le FNC depuis 2007, nous présentera FNC eXPLore. Cette nouvelle section entièrement gratuite du festival, nous offre la possibilité de vivre l’expérience de la réalité virtuelle et d’assister à des conférences sur le sujet. À travers une série d’oeuvres innovantes, nous pourrons plonger dans l’imaginaire d’un de ces créateurs du futur et de s’envoler dans un monde initiatique sensoriel.

À mettre à l’agenda dans cette catégorie:

  • Late Shift de Tobias Weber, premier film cinématique interactif au monde.
  • Be Boy, Be Girl de Frederik Duerinck & Marleine van der Werf, une expérience multisensorielle.
Be Boy Be Girl

Be Boy, Be Girl

Dans la catégorie « compétition internationale », courtes et longues histoires ardentes venant des 4 coins du monde et tous en lice pour les Oscars, je vous propose la sélection suivante :

Maudite Poutine

Maudite Poutine

Pour ce qui est des films venant du Québec et du Canada, voici ceux qui sont marqués à mon calendrier :

  • Mean Dreams de Nathan Morlando, v.o.Anglaise
  • Stealing Alice de Marc Séguin, v.o. Française
  • WereWolf de Ashley Mckenzie, v.o. Anglaise
  • Tout simplement de Raphaël Ouellet, v.o. Française, s.t. Anglais
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Mean Dreams

Dans la catégorie des oeuvres « mordantes » de réalisateurs « rebelles », voici la liste de ceux qui ont attiré mon attention :

  • Alipato : The Very Brief Life Of An Ember de Khavn De La Cruz, v.o. phillipino, s.t. Anglais
  • Antiporno de Sion Sono, v.o. Japonaise, s.t. Anglais
  • The End de Guillaume Nicloux, v.o. Française, s.t. Anglais

Ensuite, il faudra voir le documentaire Le peuple interdit d’Alexandre Chartand qui traite du mouvement indépendantiste en Catalogne. Et puis, A quiet Passion, le film biographique de la poète Emily Dickinson réalisé par Terence Davies. Les Colons de Shimon Dotan, film présenté dans plusieurs festivals cette année. Pour en savoir plus sur l’histoire de cette communauté controversée que sont les colons israéliens.

Le Peuple Interdit

Le Peuple Interdit

Dans les « Incontournables ! » à voir, American Honey de la réalisatrice Andrea Arnold mettant en vedette Shia Leboeuf. Pour les cinéphiles endurcis, il y aura le tout récent film de Wim Wenders, Les beaux jours d’Aranjuez, l’adaptation d’une pièce de théâtre. Pour ceux qui auront envie d’une comédie romantique, je propose le film Français-Islandais; L’effet aquatique de Solveig Anspach. Et parce que je suis une amoureuse des images, je suggère d’aller voir The Land of the enlightened de pieter-jan de pue, qui a remporté le prix de la meilleure photo au festival Sundance cette année. ET bien sûr son Making-Of, The Last Omelette, qu’il faudra voir ne serait-ce que pour apprécier d’autant plus le film qui aura pris 7 ans à tourner, et ce dans les conditions extrêmement précaires et dangereuses que sont celles de tourner un film en zone de guerre.

Et pour clôturer notre aventure cinématographique, le festival présentera Maliglutit de Zacharias Kunuk qui fait un retour au FNC après 15 ans. On se rappelle qu’il aura remporté la caméra d’or au Festival de Cannes pour son film Atanarjuat, la légende de l’homme rapide en 2001.

Bon festival à tous!

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