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Au-delà de la grenouille

James Thiérrée était de passage à Montréal avec sa Compagnie du Hanneton pour une série de huit représentations de sa dernière création La grenouille avait raison. Ce spectacle ouvrait la saison 2017-2018 de La Tohu. Et quel spectacle!

Je ne sais pas exactement comment le qualifier cependant! Était-ce du cirque? Du théâtre? Du mime? Du burlesque? Probablement un peu de tout cela.

L’interprétation de ce spectacle peut partir dans tous les sens, dépendant de la personne qui l’a vu. Nous étions plongés dans un univers tout nouveau, tout ce qu’il y a de plus fantasmagorique. Loin d’un spectacle linéaire, La grenouille avait raison est un voyage à la Jules Verne, mené par un James Thiérrée au sommet de son art. D’un charisme incroyable, il guide le public à travers cette histoire sans courbe narrative précise.

Les artistes évoluaient au sein d’un décor magnifique ; un grand rideau rouge s’abaisse pour laisser place à un décor onirique. Un escalier en colimaçon se matérialise devant le public côté jardin. Un bassin d’eau se trouve côté cour de la scène. Puis, un magnifique piano, qui semble avoir sa conscience propre, se promène un peu partout sur l’espace de jeu. La pièce de résistance était la structure centrale (un nénuphar peut-être?) de métal, illuminée, qui bougeait à son aise au rythme des péripéties et la musique. D’ailleurs, celle-ci était hypnotisante, ponctuée de la voix suave et enveloppante d’Ofelie Crispin.

C’était pur et beau, quelque chose que nous n’avons pas beaucoup l’occasion de voir sur scène. Dans les teintes de gris et d’or terni, presque bronze, il y avait un petit quelque chose d’apaisant dans ce spectacle. La compréhension d’une courbe linéaire était mise de côté pour laisser toute la place à l’imaginaire et aux interprètes. Que ce soit James Thiérrée lui-même, les danseuses Sonya et ThiMai Nguyen ou les acolytes Samuel Dutertre et Hervé Lassince, le talent était eu rendez-vous. Leur personnage, abordant chacun une gestuelle singulière, était bien maîtrisé et interprété.

Thiérrée est souvent comparé à son célèbre grand-père, Charlie Chaplin, ou même à ses parents, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin, qui ont révolutionné le monde du cirque avec le Cirque invisible, mais il n’est pas précoce de dire qu’il réussit, à travers les années, à laisser sa propre marque dans le monde du spectacle.

Ai-je tout compris de cette représentation chimérique? Probablement pas, mais n’est-ce pas ce qui est magique? De pouvoir créer un monde à partir de celui qui nous est proposé? Puis, est-ce que la grenouille avait raison? Honnêtement, je n’en sais rien.

La Grenouille avait raison est présentée à la Tohu jusqu’au 7 octobre.

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Mes mots favoris sont calembour, grivois, charismatique, cucurbitacée et baliverne. Je veux tout connaître par cœur. Je peux d’ailleurs vous réciter Speak Wh...