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Libération d’un Montréal en changement

La compagnie les 7 doigts de la main a posé ses bagages à la Société des arts technologiques pour l’été. Le spectacle présenté? Vice et Vertu, un déambulatoire sur le Montréal des années 40.

Vice et Vertu, c’est l’histoire d’un travesti qui ne veut qu’une chose pour son anniversaire : qu’un homme puisse danser avec un autre. C’est l’histoire de femmes qui se battent pour pouvoir voter, qui se battent pour l’égalité. C’est l’histoire d’une effeuilleuse qui a le cabaret dans la peau. C’est l’histoire de Jean Drapeau, d’Armand Monroe, de Pax Plante, de Lili St-Cyr. C’est l’histoire de Montréal. Et qu’est-ce qui est plus Montréalais que de jouer la pièce dans nos deux langues officielles!

Cette métropole, je ne l’ai pas connue ; les cabarets, les enjeux politiques, la ‘’Main’’ dans l’apogée de sa gloire, l’omniprésence du clergé mêlée à une libération sexuelle grandissante. Pourtant, ce soir-là, j’étais soudainement transportée à cette époque mythique où l’on se battait pour nos convictions.

Au début, le public s’amassait dans la grande salle de la SAT. À l’entrée, une carte était remise. Celle-ci servira à diviser les spectateurs en trois groupes qui s’aventureront dans différentes parties de la SAT ; un dans la satosphère, un autre à la Place de la paix et le dernier dans une extension de la salle principale. Peu importe l’ordre dans laquelle il y assistait, le spectateur avait assez d’éléments pour suivre et faire évoluer l’histoire. Plusieurs grands sujets du temps étaient abordés, passant de la corruption, à l’itinérance en passant par le ‘’nightlife’’ montréalais. Force est de se rendre compte que les choses n’ont pas autant changer qu’on veut bien se l’admettre…

Le spectacle se voulait déambulatoire, mais il était difficile de lui donner cette appellation. En effet, la circulation à l’intérieur des diverses salles de la SAT était plutôt difficile. Un peu trop de spectateurs pour pouvoir se déplacer en toute facilité et apprécier le spectacle et ses différentes stations au maximum. Il aurait fallu couper de moitié de public pour pouvoir profiter de chaque élément, allant des numéros de cirque aux scénettes faisant avancer l’histoire.

D’ailleurs, la partie cirque prenait une bien petite place dans ce spectacle multidisciplinaire. Certes, quelques numéros d’envergure rappelaient le talent indéniable des 7 doigts de la main, mais de manière générale, il s’agissait bien plus d’une expérience sensorielle diversifiée. Le jeu et la musique étant autant présente que le cirque. Ce qui n’était pas nécessairement une mauvaise chose. Plusieurs critiques reprochent au monde circassien de manquer de trame narrative dans leur spectacle et de vouloir en mettre plein la vue avec des numéros d’acrobaties. Cela n’était absolument pas le cas avec Vice et Vertu. Cela donnait un spectacle presqu’immersif et complet sur plusieurs aspects.

D’une durée de 3h00, la représentation aurait pu être raccourcie d’une quarantaine de minutes. Cela aurait probablement réglée les quelques problèmes de narrations et les quelques temps morts. Malgré tout, l’énergie des artistes est restée à son apogée pendant toute la durée du spectacle. Mention spéciale à Vincent Roy, qui incarnait Armand Monroe, et qui devait jouer, chanter et danser dans des talons rouges d’une hauteur vertigineuse! Bravo!

Les musiciens en performance en direct, la voix rauque aux accents blues de Betty Bonifassi ainsi que les reprises de chansons typiques années 40 faisaient de la trame sonore un des meilleurs éléments du spectacle. Celle-ci allait de pair avec chaque situation ; de la musique sur Montréal avec des paroles à propos de nous, pour nous.

Et le vice? Et la vertu? vous demandez-vous peut-être. Le blanc contre le noir, l’église contre la libération sexuelle, le patriarcat contre le matriarcat. Qui a raison et qui a tort? Le spectacle vous laisser juger et vous permet de forger votre propre opinion!

Vous avez encore la chance de voir Vice et Vertu jusqu’au 6 août dans le cadre de la programmation officielle du 375e anniversaire de Montréal et du festival Montréal Complètement Cirque.

 

Galerie photo par Marie-Claude Brault.

 

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