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Portraits d’une ville complexe, plurielle et contradictoire

Dans le cadre du 375e anniversaire de la ville de Montréal, le Jamais Lu et le Festival TransAmériques se sont associés pour présenter un projet tentaculaire où la pluralité des voix et la complexité de la métropole sont mises de l’avant.

Le projet se décline en deux temps. D’abord, le festival Jamais Lu (qui assure la promotion de textes dramaturgiques de la relève) permettra à  sept auteurs et trois photographes de présenter leurs carnets « touristiquement incorrects » élaborés lors d’explorations diverses dans Montréal. Photographes et auteurs ont été jumelés et assignés à un quartier de la ville qu’ils connaissaient peu.  Leur mandat était assez large : s’imprégner du lieu investi pour ensuite écrire ou ramener des images de leur expérience.

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L’auteur Pierre Lefebvre a ainsi exploré le quartier Parc-Extension, un endroit qu’il n’a pas l’habitude de fréquenter de façon régulière. « Il y a quelque chose d’intéressant de parler d’un quartier de la ville qu’on ne connaît pas », souligne-t-il. Lefebvre dit avoir été marqué par le multiculturalisme du quartier et plus particulièrement, par une église de la rue St-Roch qui a en quelque sorte été sa porte d’entrée dans le quartier. L’auteur a également été surpris de découvrir que les délimitations du quartier (viaducs, voie ferrée, parc) contribuaient à faire de ce quadrilatère un lieu enclavé et difficile d’accès. « Ce qui m’a frappé, c’est à quel point les frontières du quartier sont assez étanches », explique Lefebvre. Cette question des frontières tombe à point avec l’édition 2017 du Jamais Lu, qui s’intéresse cette année à interroger la norme et les cloisons, en plus de souligner la diversité.

Jérémie Battaglia, photographe pour les quartiers Beaconsfield, St-Michel et Westmount, croit pour sa part que les divers quartiers font cohabiter au sein de la même ville des « univers radicalement différents » dans lesquels les montréalais ont parfois tendance à se cantonner. « Je dis souvent qu’il y a un Montréal par personne : chacun vit Montréal d’une façon différente», souligne Battaglia. Celui-ci, dont le travail se caractérise par une approche documentaire, s’est intéressé à «trouver trois histoires atypiques en lien avec l’histoire de chaque quartier, des histoires d’espoir de solidarité ». Battaglia a notamment rencontré une famille juive de Westmount qui parraine des réfugiés syriens. C’est en approfondissant ces récits qu’il a pu ancrer son travail photographique dans les quartiers qu’il a investis. « Ce que j’aime, c’est intégrer des univers que je ne connais pas et pour ça il faut entrer dans les maisons et abandonner la description exhaustive du quartier», explique-t-il.

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Jusqu’où te mènera Montréal?

Après la présentation des carnets au Jamais Lu, le projet se transformera sous la direction de Martin Faucher pour le projet Jusqu’où te mènera Montréal? au FTA. Faucher travaillera à partir des différents textes issus des explorations des auteurs. Ce sont ces écrits qui lui permettront de mettre en scène une « grande forme théâtrale poético-cabaret » présentée en début juin. Le projet fera état de la complexité et des contradictions de Montréal, de ses mutations et des similarités ou univers distincts qui constituent chacun des quartiers.

C’est donc un projet en plusieurs étapes, mettant de l’avant plusieurs voix et regards sur la ville que nous proposent le Jamais Lu et le FTA. La forme du projet, en mutation d’un festival à l’autre, promet d’être à l’image de la métropole.

Jamais Lu / Carnets touristiques
Vernissage de l’expo photo le 6 mai à 16 h
Présentation des carnets touristiques du 6 au 12 mai 2017 à 18 h
Théâtre Aux Écuries

Festival TransAmériques / Jusqu’où te mènera Montréal?
7 et 8 juin 2017 à 20 h
5e salle, Place des Arts

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