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BGL de fantaisie par Benjamin Hogue

BGL ça commence par trois jeunes artistes qui se rencontrent à l’université Laval en 1996. Le genre de rencontre qui change une vie… ou plutôt qui sera responsable de la tracer, cette vie, du moins pour les prochaines décennies!

Le B c’est pour Jasmin Bilodeau, le G pour Sébastien Giguère, et le L pour Nicolas Laverdière…un trio de poètes bricoleurs aux coeurs immuablement jeunes, qui, depuis 20 ans maintenant, continu de manœuvrer leur art sans jamais perdre le vent dans les voiles, bien au contraire!

Avec leur imaginaire fertile et loufoque, le collectif de joyeux lurons n’a pas cessé de nous subjuguer que ce soit leurs cabines téléphoniques en bois intitulés Rejoindre quelqu’un installées dans le décor champêtre de St-Jean Port-Joli en 1999, ou leur fameuse installation au MAC  À l’abri des arbres  au message environnemental frappant, ou encore leur carrousel de paniers d’épiceries installé à Sudbury…BGL émerveille, et saisit aussi. S’ils n’éveillent pas la magie ou l’enfant en nous, ils incitent à une réflexion sociale ou humanitaire.

En 2015, Benjamin Hogue, producteur et réalisateur de documentaires (Lemoyne, Le chômeur de la mort, Godin) se trouve à passer la nuit dans l’atelier de BGL. Il observe cet espace reflétant l’esprit burlesque du trio d’artistes et devient rapidement fasciné par leur génie et leur excentricité. L’envie de les épier se fait sentir et il parvient à les convaincre de, non seulement lui laisser une petite place dans leur bulle, mais de tourner les projecteurs vers eux pour la première fois, ce qui semble être un exploit en soi. Les trois partagent la même nature discrète et peut-être même un peu sauvage, du moins face à la célébrité.

On se sent donc privilégié d’entrer dans leur univers et de découvrir leur processus de création bien unique, surtout que le « timing » était parfait : Hogue a démarré la production de son film au moment où le groupe se voyait offrir les trois plus gros projets de leur carrière (Canadassimo pour la Biennale de Venise, le Pool Lane pour le centre sportif Pan-Am de Toronto, et La vélocité des lieux pour le carrefour Henri-Bourrassa-Pie IX à Montréal).

Le réalisateur a rempli son mandat d’être invisible pour enrichir son film de moments extrêmement intéressants, comme de les voir réfléchir sur les aspects techniques des installations ou alors de les retrouver délirants en fin de soirée au moment où les yeux chauffent d’épuisement, mais que les coups de pinceau persistent au rythme des divagations qui se disent, ou se chantent.

On aime découvrir la naissance du trio d’art contemporain par l’entremise d’archives insérées au fabuleux montage du film, et ensuite comprendre le fil conducteur entre chacune de leurs œuvres : cette préoccupation pour ce qui est menacé, ce qui disparaît, la dénaturation des choses et le passage du temps.

BGL de Fantaisie est présenté jusqu’au 1er juin à la Cinémathèque québécoise et au Cinéma du Parc.

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Blogueur

Après avoir contribué au 7e art pendant près de 20 ans, à satisfaire mon besoin de création et de culture à travers les couleurs de mes palettes de maquill...