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Les Jeux olympiques de 1976: une aventure d’hier à aujourd’hui

Alors que les Jeux olympiques d’été de Rio de Janeiro commenceront dans à peine quelques jours et que plusieurs seront rivés sur leur téléviseur, le Parc olympique de Montréal vous propose cet été de replonger 40 ans en arrière, au moment des premières olympiades d’été du Canada.

Le 17 juillet 1976 précisément, Montréal accueillait 6084 athlètes, de 92 pays différents, venus s’affronter dans 196 épreuves sportives, devant 76 000 spectateurs. Au total, on comptera 3 195 170 spectateurs et 1 milliard de téléspectateurs. Un moment historique pour la deuxième plus grande ville du Canada, qui pour l’occasion fait appel à l’architecte Roger Taillibert afin de construire le plus haut mât incliné au monde, nommé le stade olympique. En entrevue avec Cedric Essiminy, conseiller en relations publiques au Parc olympique, nous avons eu la chance de discuter de cette fabuleuse aventure qu’a connue Montréal, à travers l’exposition Souvenirs de 1976.

« J’étais encore trop jeune pour savoir c’était quoi l’ambiance à l’époque », nous confie d’abord Essiminy, « même pour quelqu’un qui a 35 ans passés, ce sont des choses nouvelles ». De manière chronologique, l’exposition nous amène à vivre l’organisation des Jeux et les 15 jours d’exaltations qui l’on suivit. « À l’époque en 76, on n’avait pas vraiment confiance en nous, en tant que Québécois, et puis c’était vraiment de se rendre compte que le monde entier débarquait chez nous. »

Au travers du parcours, les visiteurs sont invités à découvrir des récits, des anecdotes, des artéfacts, des images d’archives, des documents écrits, et même des exploits filmés de figures marquantes. C’est effectivement en 1976 à Montréal que la jeune roumaine de 14 ans, Nadia Comaneci, atteint une note parfaite aux barres asymétriques, et que Bruce Jenner, maintenant connue sous le nom de Caitlyn Jenner, accomplit au décathlon une performance épique, inscrivant dès lors un nouveau record du monde.

Exposition au Musée Dufresne-Nincheri

Exposition au Musée Dufresne-Nincheri

Voir grand, faire grand

À l’instar de l’Exposition universelle de 1967, les Jeux olympiques de Montréal sont nés de l’esprit ambitieux du maire Jean Drapeau, celui-là même qui assurera dès le départ aux citoyens qu’« il est aussi impossible pour les Jeux olympiques de Montréal de produire un déficit que pour un homme de devenir enceint[e] ». Une affirmation qui s’avèrera malheureusement fausse.

Les Jeux ne se sont effectivement pas réalisés sans embuche. Prenant du retard dans la construction en raison de grèves ouvrières, de la complexité architecturale et de l’augmentation imprévue des prix des matériaux, le mât du stade sera complété qu’en 1987, soit après les Jeux olympiques. « En 75, il n’y avait pratiquement rien. On était tellement dernière minute que la veille de l’ouverture des Jeux on posait le gazon ! », nous lance Essiminy en riant. Entretemps, Drapeau, qui s’était désigné maitre de chantier, se fera remplacer par la RIO (Régie des installations olympiques), un organisme paragouvernemental créé spécialement pour régler la situation.

Il faut dire qu’à l’époque c’était pratiquement inimaginable de recevoir un tel évènement au Québec, surtout lorsqu’on se l’était vu refuser déjà 3 fois auparavant. « Les organisateurs étaient dans la jeune vingtaine, ils ne savaient pas dans quoi ils s’embarquaient. Celle qui s’occupait de la gymnastique nous a dit : “on a reçu le cahier de charge qui provenait de Munich, tout rédigé en allemand. On a regardé ça, personne ne savait lire l’allemand, on l’a pris et on s’est lancé.” »

Les Bâtisseurs à la Maison de la culture Maisonneuve

Les Bâtisseurs à la Maison de la culture Maisonneuve

Revivre les olympiades de Montréal

L’exposition met en évidence les faits saillants généralement oubliés. Plusieurs tensions sociales et politiques sont évoquées, notamment le boycottage des Jeux par les pays africains, en raison de la participation de la Nouvelle-Zélande. Cette dernière avait envoyé une équipe de rugby en Afrique du Sud, pays très marqué au cours du XXe siècle par l’apartheid.

C’est également la chance de revivre, par l’entremise de textes ou d’installations vidéos, des performances et de découvrir certains athlètes oubliés. C’est le cas du gymnaste Nikolai Andrianov, qui s’est vu attribuer 7 médailles dont 4 d’or, soit plus que quiconque à Montréal, de même que de Nelli Kim, qui a obtenu une note parfaite après Comaneci.

Pour ceux qui souhaiteraient même incarner un athlète, une expérience de réalité virtuelle, vous mettant dans la peau d’un plongeur de 10m, vous est proposée. De quoi faire frissonner les petits comme les grands !

Ce qu’il reste de 1976

Les Jeux de 1976 ont véritablement marqué le Québec. Une fois qu’ils se sont terminés, le COJO (Comité organisationnelle des Jeux olympiques) a donné ses installations à la RIO, ce qui a permis le déploiement de fédérations sportives.

Qu’on en parle en bien, qu’on en parle en mal, il fait nul doute que Montréal ne serait pas ce qu’elle est sans son stade, devenu au fil des ans une figure emblématique. « Rares sont les installations de cette envergure qui 40 ans après sont encore en mesure de servir autant qu’elles servent présentement. », exprime Essiminy. En effet, le Parc olympique accueille toutes sortes d’évènements : du sport, aux salons, des spectacles, tout y passe ! Une foule d’activités vous est offerte cet été, notamment un concert de l’Orchestre Symphonique de Montréal gratuit le 10 août prochain, le café/biergarten Les Jardineries, des food trucks les Premiers Vendredis, le festival sportif Jackalope, et bien d’autres.

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« On a tout eu ici ! », s’exclame Essiminy. En 40 ans, le stade a reçu la visite d’une kyrielle de figures marquantes : « New Kids on the Block est passé ici, Michael Jackson, les Expos, le pape Jean Paul II, Céline Dion, Diane Dufresne, Muhammad Ali, Pink Floyd, David Bowie, The Police. Tous les grands des dernières décennies sont passés ici ! »

Bien plus est à découvrir au Stade Olympique avec Souvenirs de 1976. L’exposition se déploie également au musée Dufresne-Nincheri, qui célèbre l’architecture du stade, et à la Maison de la culture Maisonneuve, qui rend hommage aux bâtisseurs.

 

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