LNI

La LNI, toujours en vie

Dans le coin droit, l’équipe des Rouges. Dans le coin gauche, l’équipe des Bleus. La 39e saison de la Ligue Nationale d’Improvisation (LNI) s’amorçait lundi dernier au Club Soda. Les vétérans et les nouvelles recrues ont bien réchauffé la patinoire et un public enthousiaste.

Ça faisait longtemps que j’avais entendu parler de la LNI. Étant moi-même, jadis, une improvisatrice dans la prestigieuse équipe de l’école secondaire Félix-Leclerc, j’ai eu très peu de contact avec l’impro depuis ces midis où je cabotinais dans l’agora devant une bande d’ados semi-amorphes.

La ligue a effectivement connu des difficultés dans les dernières années. Le financement de la ligue est un défi constant et, pour contrer cette impasse financière, on a fait appel à des partenaires qui sont maintenant propriétaires de chacune des équipes. Ainsi, les équipes des Bleus, des Rouges, des Verts, des Jaunes et des Oranges appartiennent désormais à des syndicats, à une entreprise de taxis électriques, à une firme d’architecture et à un grand groupe de médias. Le trophée Yvon-Leduc, quant à lui, a changé son nom pour celui d’un logiciel de correction orthographique bien connu. Des changements qui apporteront un peu d’eau au moulin de la LNI.

Une fois les joueurs sur la glace, on oublie immédiatement les ennuis financiers pour se concentrer sur la finesse de l’improvisation théâtrale. Ce sport, calqué sur les règles du hockey et imaginé par Robert Gravel dans les années 1970, n’a pas prix une ride. Aux « vieux de la vieille » tels que Réal Bossé, Sophie Caron et Salomé Corbeau s’ajoutent de nouveaux visages de la jeune génération tels que Virginie Fortin, Pierre-Luc Funk, Arnaud Soly et un certain Patrick Huard qui entame sa première saison dans la LNI.

Gagnants

L’équipe des Bleus

Ce lundi, l’équipe des Rouges de l’entraîneur Jean-Philippe Durand affrontait celle des Bleus de Christian Laurence dans une joute très serrée qui s’est conclue par une victoire de 8-7 pour les Bleus. La première période a donné lieu à des impros mixtes un peu désordonnées pour laisser place, en deuxième, à des impros comparées où chacune des équipes a pu montrer son talent dans l’installation d’histoires et de personnages mieux campés. Virginie Fortin a été éblouissante dans une impro ayant pour titre Las Vegas où elle a interprété une Céline Dion sur scène dévastée par la mort de son mari. Nous avons également assisté à des improvisations chantées jouissives. Alors qu’Ève Landry des Rouges a livré le poignant blues d’un commis de dépanneur, personne n’aurait pu se douter que le joueur Arnaud Soly, dont c’était le premier match au sein de la LNI, lui volerait le point avec la pop effrénée d’un joggeur qui fait le tour du monde.

Assister à des matchs de la LNI, c’est avoir l’impression de prendre part à des petits moments privilégiés, uniques. Cette (ré)incursion dans le monde de l’impro m’aura certainement convaincue de revenir à mes anciens amours.

Exprimez-vous
Blogueur

J’ai longtemps travaillé dans les billetteries. Cinq années à vendre à des clients les billets pour les meilleurs spectacles. Cinq années à remettre aux clie...