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Méfiez-vous des eaux qui dorment !

 

Le 27 octobre dernier avait lieu la première de la pièce Ils étaient tous mes fils, mise en scène par Frédéric Dubois au Théâtre Jean-Duceppe. Cette pièce phare du dramaturge américain se passe en Ohio, en 1947, dans une époque d’après-guerre. Nous découvrons ainsi l’histoire de la famille Keller, une famille typique de banlieue, qui a perdu un de leur fils, Thomas, à la guerre. Une disparition mystérieuse qui laisse espoir à Kate, la mère, qu’il reviendra sous peu.

MIchel Dumont et Louise Turcot. Photo : Théâtre Jean-Duceppe

Michel Dumont et Louise Turcot. Photo : Théâtre Jean-Duceppe

Le fil conducteur de cette pièce est Joseph, le paternel, un homme droit et fier. Il a été blanchi d’une accusation de négligence criminelle après avoir vendu des pièces d’avion défectueuses qui ont engendré l’écrasement d’avions et entraînant ainsi dans la mort vingt et un soldats américains. Les Keller ont, en apparence, tout d’une famille parfaite qui a réussi après la Seconde Guerre mondiale. Mais une visite inattendue déterra de nouveaux détails sur ce crime…

Ils étaient tous mes fils est un texte puissant où les responsabilités individuelles et collectives, la force morale et la lâcheté s’entrecoupent dans une trame de fond de tragédie. Malgré un début de pièce plutôt lent, on se demande s’il se passera quelque chose tellement que tout semble bien aller dans cette vie paisible de banlieusards, on embarque, à notre grande surprise, dans une histoire où tout finit par s’effondrer. Une intrigue qui viendra assurément vous chercher au bout de votre siège.

Michel Dumont, Benoît McGinnis et Évelyne Rompré. Photo : Théâtre Jean-Duceppe

Michel Dumont, Benoît McGinnis et Évelyne Rompré. Photo : Théâtre Jean-Duceppe

Ce qui attire toutefois notre attention, c’est l’énorme talent des acteurs. Une distribution qui vaut son pesant d’or. Le grand Michel Dumont qui joue le père de famille est toujours aussi grandiose, un aplomb inégalable. Louise Turcot, la mère, nous présente une femme touchante, sensible et à fleur de peau. On y croît ! Benoît McGinnis donne une prestation irréprochable et Évelyne Rompré et Vincent-Guillaume Otis, Annie et George, expriment avec brio les déchirements de leurs personnages.

Définitivement un texte bien servi par ses acteurs !

Chez Duceppe jusqu’au 5 décembre 2015.

 

 

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Campivallensienne de souche, j'ai grandi sous l’emblème des Régates et des fameuses grillades de Valleyfield. J'ai eu la piqûre très tôt pour le milieu qué...