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Étienne Dano : confessions d’un excessif

S’il n’est pas toujours évident de se démarquer lorsqu’on fait partie de la relève en humour, Étienne Dano n’a pas ce problème avec son premier spectacle solo intitulé Excessif.

Avant de monter sur scène, Étienne Dano fait immanquablement le tour de la salle pour serrer la main de chaque spectateur. Il n’y avait peut-être que 200 personnes lors de la représentation à laquelle j’ai assisté, mais quitte à s’y prendre quatre jours à l’avance, l’humoriste s’engage à faire la même chose si jamais il se produit au Centre Bell. En cette période de transmission de la grippe et de l’Ébola, le geste n’est pas que courageux : en accueillant les gens à la bonne franquette, comme s’il recevait de la visite dans son propre salon, Dano tisse ainsi un lien de complicité immédiat, installant du même coup le ton très personnel de son premier spectacle, intitulé Excessif.

À part le vidéoclip de sa chanson parodique sur les « douchebags », je dois avouer que je ne connaissais pas vraiment le travail d’Étienne Dano. Bien que l’humoriste pratique la forme la plus classique du stand-up comique, sans décors, personnages ou costumes, sa façon de jouer avec le vocabulaire m’a agréablement surpris. Ses jeux de mots sont parfois douteux (« Comment t’appelles-ça une salade qui se fait huer? Une salade de chouuuu! »), mais à d’autres moments, il se lance dans des envolées oratoires dignes des Loco Locass et de la slam-poésie, comme lorsqu’il décrit son expérience dans un casse-croûte (« Quand y fait chaud et que c’est le rush, ça roule et c’est hot dans une roulotte à hot-dogs »).

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Étienne Dano passe du coq à l’âne durant l’heure et demie de son spectacle, puisant principalement dans ses souvenirs et ses anecdotes personnelles pour livrer des gags légers, mais la plupart du temps efficaces. Entre les histoires sur sa première brosse à la crème de menthe, sa jeunesse dans les années ’80 à Beauharnois, ou son hommage hilarant à Cyril Chauquet, l’animateur d’une émission de pêche au Canal Vie, ses talents de conteur font crouler la salle à maintes reprises. Son monologue sur le jeu compulsif, un problème avec lequel l’humoriste est aux prises depuis l’âge de 24 ans, constitue sans aucun doute le moment le plus fort de sa performance, provoquant autant les rires que la réflexion.

Sans révolutionner la formule du stand-up, le premier spectacle solo d’Étienne Dano contient assez d’humour et de personnalité pour que le public passe un bon moment en compagnie de cet humoriste de la relève, qui gagne certainement à être connu.

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Une fois, c’était un gars qui aimait l’humour au point de rire de tout, surtout du pire. Nourri par des comiques comme George Carlin, Coluche, RBO ou Bazooka...