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François Bellefeuille : La rage de rire

Avec son premier spectacle solo, François Bellefeuille s’impose dans le paysage de l’humour québécois grâce à son personnage aussi philosophe que timbré et à son humour de choc.

Colère et hilarité ne vont pas nécessairement de pair. Il faut un talent comique hors du commun pour parvenir à dilater la rate de son public en faisant des montées de lait. Même s’il est encore considéré comme faisant partie de la relève, et qu’il présente actuellement son tout premier one-man show en carrière,  François Bellefeuille, un humoriste dont le niveau d’indignation est proportionnel aux rires qu’il provoque, y parvient sans difficultés. En bref, plus son personnage pète sa coche, plus on se bidonne. Dès son arrivée sur scène, il confie que « le spectacle n’est pas à la hauteur de ses attentes, surtout le numéro de danse », et électrise la salle avec son style de comédie très particulier.

François Bellefeuille passe habilement du coq-à-l’âne dans ce premier spectacle parfois déroutant, mais diablement drôle. Les raisons de sa colère vont des Bixis aux légumes (« le goût, c’est crissement pas leur force! »), en passant par les sudokus, la calvitie, ou les vendeuses de la Senza qui refusent de l’aider à trouver la taille de sa poitrine. Teintée d’un brin de maladie mentale, la logique tortueuse de son personnage crée des gags imprévisibles dont la chute est la plupart du temps vociférée. N’allez pas penser que la formule finit par s’épuiser durant l’heure et quart que dure sa prestation : Bellefeuille maîtrise à merveille ce curieux mélange de colère et d’absurde.

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On pourrait qualifier François Bellefeuille de stand-up hystérique. Imaginez un Lewis Black québécois souffrant de troubles psychologiques, ou un improbable croisement entre Pierre Légaré et Amédée Brisebois. Muni d’un simple micro, il livre une performance complètement survoltée, appuyée par la mise en scène de Martin Petit. Un écran vidéo est mis à contribution à deux moments particulièrement forts du spectacle. Lors d’un numéro empreint de surréalisme, l’humoriste hirsute découpe différents endroits sur la carte du monde pour les relocaliser ailleurs. Dans un autre, il effectue la narration de deux livres pour enfants (dont l’infâme Caca Boudin), en hurlant ses commentaires vitrioliques à chaque illustration.

Ce premier one-man show est un véritable feu roulant de gags bizarroïdes, et constitue une bouffée de fraîcheur dans un monde où les humoristes sont parfois un peu trop sages. N’ayons pas peur des mots : François Bellefeuille livre l’un des meilleurs spectacles d’humour de l’année. À voir absolument, à moins que vous n’aimiez pas rire aux éclats.

 

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Blogueur

Une fois, c’était un gars qui aimait l’humour au point de rire de tout, surtout du pire. Nourri par des comiques comme George Carlin, Coluche, RBO ou Bazooka...