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L’Abri et la Matrice de Morphée : À la croisée des chemins

La Tohu prête pour une énième année sa scène circulaire à la relève, soit les jeunes finissants de l’École nationale de cirque. Dans le cadre de deux productions, L’abri et La matrice de Morphée, 31 artistes vont se mouvoir et nous émouvoir par leur création personnelle, fruit d’un dur labeur. Par la fin de leur cheminement scolaire, ces jeunes souhaitent convaincre les chasseurs de têtes venus de l’international. Ainsi, pour notre plus grand bonheur, ils nous offrent leur meilleure performance.

Crédit photo : Roland Lorente

L’abri – Crédit photo : Roland Lorente

Dans L’abri, dont la mise en piste est assurée pour la première fois dans l’univers circassien par la chorégraphe et danseuse Gioconda Barbuto, le collectif interprète la thématique du passage du passé au futur, une métaphore assumée de cet entre-deux que vivent les jeunes artistes. L’abri en question, une cabane située en arrière-scène, représente leur espace de jeu et symbolise davantage un lieu de liberté et d’épanouissement que de cloisonnement. Dès le premier numéro de main à main, parfaitement maitrisé par ses deux interprètes Nicolas Jelmoni et Charlotte O’Sullivan, on comprend que ces jeunes pousses jouent dans la cour des grands. D’ailleurs, le couple ira prochainement se produire à Broadway sous le nom du fleuron québécois Les 7 doigts de la main.  S’enchaînent par la suite duos et solos de roue allemande, trapèze ballant et cerceaux chinois, toujours soutenus par les chorégraphies du collectif qui finit par créer un seul visage à l’ensemble, tant l’harmonie et la cohésion y sont omniprésentes.

La seconde création est signée par le chorégraphe de danse contemporaine Michael Watts, d’où la grande correspondance entre la danse et le cirque dans La matrice de Morphée. Cette fois, les artistes interprètent des personnages oniriques tels qu’une licorne ou un ange, et dont la plupart sont issus de la mythologie. Alors que tous vivent en harmonie, un geste banal cause la débandade. On assiste alors à  un rapide déclin du monde jusqu’à aujourd’hui. De tableaux en tableaux, du numéro de cerceau aérien à celui de la planche coréenne, les artistes tentent essentiellement de nous faire voyager dans le monde des rêves, dans l’intention de laisser un peu plus de place à notre créativité et à notre imagination.

La Matrice de Morphée. Crédit photos : Roland Lorente

La Matrice de Morphée. Crédit photos : Roland Lorente

Peut-être est-ce la fougue de leur jeunesse ou l’excitation de leurs premiers pas devant un public; dans tous les cas, ces artistes au début prometteur ont une présence indéniable sur scène. Leur énergie contagieuse, donne envie d’emboiter le pas et de se joindre à eux dans leurs jeux.

Nul doute que nous les reverrons prochainement sur les scènes québécoises. La demande pour la relève étant forte sur la scène circassienne, l’école réussit à placer 95% de ses diplômés dès les premiers mois qui suivent leur graduation.

L’abri et La matrice de Morphée sont à l’affiche à la Tohu jusqu’au 8 juin.

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Je me nourris de beaucoup de livres, de pièces de théâtre, d’expositions et d’expériences culinaires. Je m’abreuve de Klapisch, Nothomb, Chloé, Stromae, Le...