Crédit photo : Julie Caron

Simon Delisle, en 60 minutes

Pour son premier spectacle solo, qui s’inscrit d’abord à la programmation du festival Zoofest 2013, puis à celle des productions de la série 60 minutes avecprésentée au Monument-National, Simon Delisle a délibérément choisi d’aborder un sujet qu’il maîtrise parfaitement, et qu’il souhaite faire davantage connaître au public, c’est-à-dire, lui !

Question d’identité

Car sous ces apparences tranquilles (et cette bouille franchement sympathique) se cache un cerveau hyperactif, stimulé par un environnement et une société en constant changement, qui le poussent à se questionner et à réagir. Et nul besoin de préciser que l’humoriste a beaucoup à dire et à raconter!

Pour l’artiste de 28 ans qui n’en est guère à ses premiers balbutiements dans le domaine (lui qui multiplie les performances scéniques depuis sa sortie de l’École nationale de l’humour, en 2010 et qui consacre la plupart de son temps à l’écriture humoristique), ce spectacle se veut à la fois une occasion unique de conquérir un auditoire encore timide et de séduire bon nombre d’adeptes déjà ravis. « 60 minutes avec Simon Delisle, c’est un peu comme ma carte de visite… », me dit-il en entrevue. « C’est un aperçu général de mon travail, de mon humour, et de qui je suis », poursuit-il. Ce dernier partagera ainsi ses réflexions et ses impressions sur une multitude de thèmes qui le tiennent en alerte, l’inspirent, l’amusent, et façonnent sa personnalité.

Et puisqu’il n’a que très peu de temps devant lui (après tout, il ne dispose que d’une heure), il procède rapidement aux présentations avant d’interagir directement avec son public.

En guise d’introduction, un bref et sympathique montage photographique, regroupant de précieux souvenirs de jeunesse (et ceux d’une époque pas si lointaine), est projeté sur un écran géant, à l’arrivée des spectateurs. S’ensuit une courte vidéo mettant en vedette l’humoriste à 60 jours de son 60 minutes, que l’on prend soin de diffuser quelques secondes avant que les projecteurs ne s’allument. Ces initiatives, des plus efficaces et des plus ingénieuses, suscitent instantanément l’intérêt des quelque cent personnes réunies pour l’occasion, et donnent le ton à la soirée.

Accueilli en véritable héros lors de son entrée sur scène (on comprendra rapidement pourquoi !), Simon Delisle paraîtra visiblement heureux de retrouver un public si enthousiaste et chaleureux.

Crédit photo : Julie Caron

Crédit photo : Julie Caron

À son image

Grâce à un discours ponctué d’anecdotes divertissantes et d’histoires cocasses dont lui seul est le protagoniste, Simon Delisle enchaîne les blagues et provoque à coup sûr de nombreux rires sincères. Ses observations des mille et une petites choses du quotidien qui le tourmentent et le tracassent, le fâchent, l’insultent ou l’irritent (dont la météo, les publicités trompeuses, le gaspacho, ce potage que l’on mange froid et qui ressemble étrangement au populaire jus de tomate, et certains commentaires anodins qu’on peut lui adresser) agissent à titre de fils conducteurs et lui permettent d’explorer tout autant de pistes intéressantes.

Il en viendra ainsi à parler de sa maladie, et plus particulièrement du diabète, et de ses visites régulières chez le médecin, de la télévision et des émissions qui contribuent à sa paresse, de ses nombreuses connaissances sur une panoplie de sujets qu’il juge complètement inutiles et irrationnels (à quoi ça sert de tout savoir sur le céleri?), de la corrélation entre la musique et le déroulement de sa journée, de son plus récent voyage à Cuba et enfin, des projets qu’il souhaite réaliser avant de mourir.

Avec ce premier spectacle, l’artiste, qui se produira au Monument-National jusqu’au 21 juillet prochain, livre une performance irréprochable grâce à des textes brillants, des idées parfaitement ficelées, une vivacité d’esprit et un réel plaisir d’être sur scène, qui nous prouve avec conviction que sa place y est. Et si le nom de Simon Delisle se faisait un peu plus discret jusqu’à aujourd’hui, il y a fort à parier qu’il sera bientôt sur toutes les lèvres.

60 minutes avec Simon Delisle, au Monument-National, les 19 et 20 juillet, 22 h, ainsi que le 21 juillet, à 20 h 30.

Simon Delisle participera également à Ça suffit la comédie ! ainsi qu’au Geek Show, deux spectacles présentés dans le cadre du festival Zoofest 2013.

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