photo : Geneviève Moreau

On prend toujours un cabaret pour rire.

Toujours à la recherche du spectacle le plus étonnant de la programmation de La Vitrine, j’ai découvert cette fois-ci un spectacle à l’image des cabarets qui ont marqué la vie nocturne de Montréal. C’est donc au Cabaret du Lion d’Or (ouvert depuis les années 30!) que je me suis dirigé jeudi dernier, pour assister au spectacle On prend toujours un cabaret pour la vie 3. 3, parce que bien que ce soit mon premier, c’est en effet le 3e cabaret du groupe L’Usine qui est derrière la production de ce spectacle annuel.

Le soir-dit, j’arrive une dizaine de minutes avant le début du spectacle, une jeune femme en paillette m’accueille et me désigne une section VIP, comme dans Vraiment Intimiste et Proche de la scène. En effet, je me trouve installé à quelques mètres de la scène. Je profite des quelques minutes qui restent avant le lancement du spectacle pour jeter un oeil au public derrière moi et constate rapidement qu’on doit être au moins 200, si ce n’est pas plus ! Ce bref survol m’apprend aussi que je suis clairement en minorité générationnelle… En effet, la salle est peuplée de têtes blanches, la moyenne d’âge doit sûrement tourner aux alentours de 50 ans et plus. Disons que ça change de mes chroniques précédentes !

À peine cette rapide inspection terminée, le spectacle se lance avec une courte vidéo d’introduction caractérisée par un esprit faussement sérieux du même ton que les vidéos publicitaires de l’évènement. La vidéo est à peine terminée que la soirée démarre en force avec un numéro de danse du dynamique animateur de la soirée, David Michaël. Après une courte discussion au « tu » avec le public où j’apprends qu’environ la moitié de la salle en est à son premier Cabaret pour la vie (ouf! je ne suis pas le seul), l’animateur nous annonce que tous les numéros sont des originaux et qu’ils ont été présenté nulle part ailleurs (en veux-tu de l’exclu, en v’là!). Puis, il invite les jumelles Simard à présenter le premier numéro de la soirée qui pourrait se résumer à de la nage synchronisée sur du Carmina Burana électro qui donne un bon numéro de mime à deux.

Après cette première prestation, s’ensuit une série de présentations tantôt drôles, tantôt étranges mais toujours surprenantes. Un ex-couple gay nous propose une semaine de thérapie baptisée Gay-Rire et qui, semble-t-il, permet de se libérer de son homosexualité; un bien joli et bien drôle pied-de-nez à tous ceux qui considèrent l’amour du même sexe comme une maladie. S’ensuit un poème sur les racines amérindiennes. Puis, un numéro de danse par des marionnettes qui retrace l’histoire de la danse de 1920 à aujourd’hui. S’enchaînent au grand plaisir des spectateurs des pas de charleston, swing, rock’n’roll, disco, hip hop, etc. Le tableau suivant touche à l’absurde avec une petite danse ridicule du producteur du spectacle, qui joue de la flûte à bec en habit médiéval cheap sur une musique de pipeau : digne d’un numéro des Chick’n’Swell ! Toute une façon de passer à l’entracte !

La deuxième partie du spectacle repart en force avec un numéro de peinture en direct avec la reproduction du célèbre tableau L’origine du monde de Gustave Courbet. Reproduction tout en humour et en émotions. Clairement, mon coup de coeur de la soirée ! S’ensuit Derrekarenn, une numéro de danse ridicule et chant approximatif par un couple des plus quétaines qui se veut un hommage à Michael Jackson. Je vous invite à découvrir la robe léopard de Karenn en cliquant ici. Puis, l’animateur nous annonce que le numéro suivant est un de ses petits fantasmes : une entrevue de Céline Dion par Guy A. Lepage. Pour réaliser ce rêve, il a réalisé un petit montage audio de différentes entrevues des deux célébrités et le tout est joué par deux mimes. Rigolo ! Le numéro suivant, titré Le Bal des Actrices, est l’un des meilleurs de la soirée. Sur l’air de Cell Block Tango du film Chicago où les trois actrices parlent des difficultés de leurs carrières dans le monde du spectacle : le public, leur image, les préjugés, etc.

Le dernier numéro, beaucoup plus grave,  met en scène une violoniste (très talentueuse!) du nom de Roxanne Del, qui joue la célèbre musique thème de Requiem for a Dream sur fond de carrés rouges. Je vous laisse imaginer la puissance du numéro… Heureusement, la finale vient radoucir l’atmosphère : tous les artistes du spectacle montent sur scène pour chanter  Tous les cris les S.O.S. de Daniel Balavoine. Étonnant, à l’image du spectacle en entier. Bref, cette troisième édition m’a agréablement surpris et j’attends avec impatience celle de l’année prochaine !

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Chaque mois, tel un Indiana Jones urbain, je pars à la découverte des curiosités culturelles montréalaises. Mes chroniques des activités plus insolites me fo...