PG_1366x768

L’humour « unplugged » de Patrick Groulx

Entre ses annonces de bière, ses Bas Blancs, son Groulx Luxe, ses Jobs de Bras et ses Touristes, je soupçonne Patrick Groulx d’avoir nommé son plus récent spectacle Job : humoriste comme un aide-mémoire pour ne pas oublier qu’avant tout, sa première vocation est de faire rire le monde.

S’il avait écouté les conseils de l’orienteur scolaire, un homme qui ne savait manifestement pas quoi faire de sa propre vie, Patrick Groulx serait peut-être détective privé ou pompier aujourd’hui. Ce n’est heureusement pas le cas (quoiqu’il aurait peut-être été un sapeur exceptionnel, on ne le saura jamais). Avec son plus récent spectacle intitulé Job : humoriste, il lève le voile sur les bons comme les moins bons côtés de son métier. On ne peut pas dire à une serveuse de restaurant que c’est une grosse épaisse quand on est connu, même si c’est effectivement une grosse épaisse, et il est gênant de parler de ses problèmes de pénis avec un médecin qui déclare que tu es l’idole de sa fille. Voilà des choses auxquelles on ne pense pas quand on envie la vie des gens pas si riches, mais quand même célèbres.

On pourrait qualifier Job : humoriste de spectacle « unplugged » de Patrick Groulx. Fini les personnages un peu déjantés. Il reprend bien sa célèbre phrase « j’aime ça des pétaks », mais il ne s’agit que d’un bref clin d’œil aux fans de longue date. Pour le reste, c’est sans accessoires, costumes ou décors, qu’il occupe la scène durant une bonne heure quarante minutes, armé seulement d’une personnalité sympathique, d’une énergie communicative et de textes punchés. Il déclare lui-même d’entrée de jeu qu’il avait envie de revenir à la base, et de « garder ça simple ». Son pari est réussi. Comme il aborde l’obsession de la technologie et du progrès à tout prix dans quelques monologues, ce dénuement scénique vient en plus appuyer son propos.

Patrick Groulx en spectacle. Photo de Mifo

Patrick Groulx en spectacle. Photo de Mifo

Cette simplicité qui traverse l’ensemble des numéros lui permet aussi d’être plus intime, et de parler par exemple de son emploi de DJ dans un bar de danseurs gay avant qu’il ne gagne sa vie avec ses blagues, ou d’évoquer sa relation avec Annie Brocoli. Avec vingt ans de tournée à son actif, Patrick Groulx connaît très bien les chambres d’hôtels minables où l’on entend tousser les punaises de lit. L’insalubrité de ces lieux qui sentent le macaroni chinois et la litière lui a d’ailleurs inspiré l’un des meilleurs numéros du spectacle, lorsqu’il parle de la fréquence à laquelle les couvre-lits ou la télécommande sont nettoyés. Vous ne verrez plus jamais l’hôtellerie de la même façon après ce sketch informatif, dégoûtant et drôle.

Avec son mélange d’anecdotes personnelles et de réflexions sur l’actualité, Job : humoriste parvient à dérider le public, tout en le faisant réfléchir. Ce troisième one-man-show de Patrick Groulx illustre bien la maturité atteinte par l’humoriste. Les fans ne seront pas déçus par cette prestation à la bonne franquette, qui délaisse le fla-fla pour aller droit à l’essentiel.

Exprimez-vous
Blogueur

Une fois, c’était un gars qui aimait l’humour au point de rire de tout, surtout du pire. Nourri par des comiques comme George Carlin, Coluche, RBO ou Bazooka...