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Fleurs de pissenlits et rhinocéros au théâtre Maisonneuve : La Verità

C’est une histoire d’amour folle et paranoïaque, c’est présentée par un duo, dans la plus grande tradition du cirque, ça se conclut sur des mots d’amour, c’est La Verità. Un spectacle écrit et mis en scène par Daniele Finzi Pasca, interprété par la nouvelle Compagnie Finzi Pasca, présenté conjointement avec la Place des Arts, au théâtre Maisonneuve. Vous auriez eu jusqu’au 3 février pour vous y présenter, merci aux supplémentaires, vous aurez jusqu’au 9 février 2013 pour vous asseoir et tressaillir à chacune des courbettes et pirouettes de cette ribambelle d’interprètes.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

Vous avez certainement entendu parler de ce spectacle par le biais de cette fameuse toile de 9 par 15 mètres que Dalí a peint pour un ballet, Tristan Fou, présenté au Metropolitain Opera à New York en 1944. Non? Vous n’aviez pas remarqué la moustache de Dalí sur les affiches? De façon générale, je ne suis pas spécialement attirée par les peintures de Dalí. J’étais quelque peu craintive au sujet de la toile et du rôle qu’elle jouerait dans la pièce. Néanmoins, la crainte n’est pas garante de l’avenir. Le rideau se lève, un autre descend, et le rideau se lève de nouveau. Chut!!!! Ça commence.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

Dalí a rencontré Gala en 1929 et ils sont tombés amoureux fou l’un de l’autre. Ils se sont épousés quelques années plus tard, en 1932. Ce n’est que la mort qui les séparera alors qu’elle s’éteint en 1982. Elle est partout dans ses peintures, modèle et inspiration. Le spectacle est également une histoire de rencontres fortuites débutant avec Dalí qui rencontre Gala, Dalí et l’Amérique, Dalí et l’opéra, Tristan et Iseult, la toile et Daniele Finzi Pasca, et tous ces couples sur scènes, de par leurs gestes d’entrelacement qui s’approchent et se rapprochent, se supportent mutuellement, sur une barre, à l’intérieur d’une sphère, accrochés à une pyramide ou a même le sol.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

Les différents objets qui occupent la toile deviennent des éléments scénographiques, jamais inaperçus. L’ambiguïté sexuelle des figures et des corps nous accompagnent tout au long du spectacle, faisant fi de nos attentes face au genre des danseurs et danseuses. Les fleurs de pissenlits chatouillent le regard. Elles apparaissent dans la première partie, en arrière-fond d’un numéro où deux acrobates, suspendus à une pyramide de fer, s’enlacent, se frôlent. Le fond est complètement blanc, d’une lumière spectrale, qui maintient notre regard sur le contact corporel du couple. Une file de pissenlit entre en scène, par la droite, accompagnée d’un rhinocéros, leurs costumes argentés composés de petits miroirs qui nous réfléchissent. Ils ressortent, par la gauche, ils ont fait tableau. Après l’entracte, dans la deuxième partie, les pissenlits réapparaissent. Un champ de fleurs de pissenlits blancs. L’acrobate s’entortille sur un ruban rouge, d’inquiétantes poupées, animées et inanimée, se promènent et sortent de scène. Le rideau tombe, c’est de nouveau Tristan Fou. Est-ce le jour? Est-ce la nuit? Ne serait-ce pas plutôt un rêve? Le soleil se lève, le ciel c’est la mer.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

À la fin de la présentation, toute la salle frappait des mains, donnant le rythme à une ronde clinquante. Enfin, le public s’est progressivement levé pour une ovation, frappant encore des mains d’une rythmique entraînante. Ce numéro à saveur de French Cancan a fait tout un tabac. Tous vêtus d’une robe, qui, a bien y regarder, leur est singulière, ils tournaient, certains dans d’immenses cerceaux, d’autres autour de la scène. Dans le même décor que la première scène, les rideaux de scène, magnifiques, ainsi que cette fabuleuse tête de cheval suspendue dans les airs, le spectacle s’est conclu. Des plumes blanches du début à la frénésie finale, de belles images en tête, je suis rentrée chez moi heureuse de m’être plongé dans cet univers entre cirque et art.

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« Nous visitons des églises comme si elles étaient des musées, nous allons aux musées comme nous allions à l’église. Voici les temps présents; je suis fille ...