Jardin Mécanique, 2 de 2 : les absents ont toujours tort
Bel attroupement devant le Lion d’Or à notre arrivée. Le hall croule sous les produits dérivés, sous l’œil tordu des toiles de Véronique Paquette qui ornent l’entrée et accueillent la foule timide. Lentement, tranquillement, nonchalamment, les gens pénètrent dans la salle, non sans avoir allégrement reluqué les bijoux steampunk de l’artisan Daniel Proulx.
20 h 20.
Noir.
Les trois acolytes nous font dos sur scène.
Ils regardent droit devant eux les projections sur la toile du fond, là où les prémisses de leur histoire nous sont contées par un narrateur absent.
Le reste, faut le voir pour le croire. Vous n’y étiez pas? Tant pis pour vous*. Anyway, je n’ose imaginer les tortures qui m’attendent si je vous en dévoile davantage.
Le show. L’album. Ça forme un tout. On ne peut prendre une pièce à part; il faut la voir dans son ensemble, dans son rapport aux autres, selon sa place dans la chronologie de La Sinistre histoire du Théâtre Tintamarre et vibrant des échos qu’elle prend sur scène, bien incarnée par les trois protagonistes. Il faut voir Augustache, Edwige et Camélius fondre dans la foule, armés jusqu’aux yeux, scandant un texte dément porté par une valse rapide. Il faut entendre la variation des rythmes et des mélodies, qui hypnotisent; on ne sait plus qu’en penser quand le trio désaxé revient de l’entracte sans autre forme de procès qu’a capella. Ça en est presque touchant; si ce n’était de leurs airs machiavéliques savamment étudiés, on croirait presque entendre un cantique de Noël. Sauf que les chérubins sont sanguinaires.
Un gros pétard auditif et visuel, que ce Jardin Mécanique, une expressivité dans les mimiques qui n’a rien à envier à la caricature. La foule, conquise, en proie au délire, lui offre même une standup ovation, à cet univers pseudobaroque éthéré qui n’a certes pas fini de nous étonner.
*À venir :
18 octobre, Québec : spectacle complet à la COOP L’Agitée
20 octobre, Montréal : participation à la Marche des zombies
31 octobre, Montréal : grande fête d’Halloween au Théâtre Rialto
9 décembre, Trois-Rivières : spectacle complet à l’auditorium du cégep

Exprimez-vous