FORCHRISTSAKE : Le meilleur du garage bizarroïde montréalais réuni sur une compilation
Martin Blackburn (Jésuslesfilles, Silver Dapple) et Jean-Michel Coutu (Il danse avec les genoux, Phil Console) ont fondé FORCHRISTSAKE il y a un an pour sortir le deuxième album de Silver Dapple, English Girlfriend. Mais tant qu’à posséder un studio maison et, dorénavant, un label, les deux amis ont décidé d’en profiter. Entre août 2011 et septembre 2012, ils ont invité 10 groupes montréalais à y enregistrer deux pièces chacun en une journée. Le résultat : la compilation K7 de FORCHRISTSAKE, un condensé de ce qui se fait de meilleur en garage et en électro weird à Montréal, sous le slogan «Worse for you» : «L’idée du label n’est pas de promouvoir juste la bonne musique, la pire aussi, en autant que ce soit FUN», écrit Martin Blackburn.
Pour le lancement, l’équipe de FORCHRISTSAKE ne s’est pas cassé la tête et a invité tous les groupes qui pouvaient y être à jouer cinq ou six chansons, un vrai marathon de cinq heures qui a passé étonnamment vite. «Pourquoi pas? Il n’y a pas souvent de soirées comme celle-là et les bands sont tous tellement bons que c’était trop difficile de trancher.»
Je suis arrivée pour voir LEAP, projet d’Antonin Marquis de We Are Wolves et de Pascale Mercier de Mathémathique, qui a maintenant quitté le bateau. LEAP fait un rock urgent, sombre et intrigant. Le spectacle est solide, les structures sont tranchantes et les voix hantées.
On a ensuite pu voir Fleshmoves, un projet d’Emily Jayne (Devil Eyes), Jessica Robidoux (David And The Woods), Simon Gauthier et David Guilbault (Les Guenilles) et Thomas Matthews et Sebastien Freeman (Desert Owls), des membres qui n’en sont pas à leurs premières armes dans le garage punk. En français comme en anglais, Emily Jayne rugit et nous provoque avec un chant taquin et expressif sur des guitares lourdes, parfois stoner, et des rythmiques au quart de tour.
Suivaient les enfants terribles de Meta Gruau, qui ont toujours l’air de nous narguer avec leurs voix en bouillie et leurs ritournelles électroniques. Leurs performances nous entraînent dans une sorte d’étrange vortex, où le tempo devient fluide et mou, mais reprend toujours de plus belle sur une rythmique tranchée et des punchs extrêmement efficaces. Deux nouvelles chansons, Pastel et Avant Avant, figurent sur la compilation.
Les cinq membres de Vulgar, You! sont arrivés avec le visage cagoulé recouvert d’un miroir, et comme à leur habitude les enfants illégitimes de Duchess Says ont envoyé la musique, fait sauter la basse et donné un show hyper serré avec une cloche à vache, des claviers hurlants, des paroles incompréhensibles noyées dans une quantité énorme de réverbération, une énergie folle et des mélodies vraiment jouissives.
Après l’explosion Vulgar, You!, le rock grunge Solids semblait encore plus réfléchi. Le duo batterie – guitares (et pédales), formé de Louis-Guillemette et de Xavier Germain (Expectorated Sequence, Le Kraken, Le royaume des morts), fait penser aux chansons ambiantes de The Death Set : une batterie infatigable, des nappes de guitare et de voix, des constructions et des ambiances travaillées. Solids est, sans mauvais jeu de mot, définitivement un des groupes les plus solides du moment.
La soirée a fini avec Pypy, formation pour laquelle les membres de Duchess Says trompent Ismael Tremblay (clavier) avec Roy Vucino (guitare). L’ex-Sexareenos et mentor de Red Mass traîne avec lui une grosse dose de garage et des solos à n’en plus finir. Annie-Claude a comme toujours fini sur le plancher, le micro tendu à qui le voulait bien.
La compilation K7 de FORCHRISTSAKE est essentielle pour les fans de garage, de rock et d’ambiances bizarroïdes. En plus des groupes déjà mentionnés, on y touve LEAP, Phil Console, Primitive Hands, Feel Alright et Velvet Chrome.
La compilation est téléchargeable à cette adresse.
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