La Vitrine s’initie au premier Festival trash de la Grosse Vache

Alors que plusieurs mélomanes de la grand’ ville avaient amorcé la fin de semaine dernière le grand voyage initiatique jusqu’à Rouyn-Noranda, La Vitrine a plutôt voulu essayer quelque chose de tout frais, tout aussi rural… et bien moins loin. À la frontière d’un village dont les rues sont à toute fin pratique nommées selon l’ordre alphabétique, et j’ai nommé Saint-Amable, la rue Martin croise un long chemin dans les bois, qui menait samedi au premier Festival trash de la Grosse Vache – ce n’est pas moi qui le dit, c’est elle  (l’organisatrice du Festival) : « C’est mon tattoo, la grosse vache ! Quand je me suis séparée de mon ex, qui m’appelait comme ça, j’ai fait ajouter une pancarte « à vendre » sur mon tattoo ».

Entrée du Festival

Suite à une épluchette de blé d’inde qui avait bien viré il y a deux ans sur le terrain dudit ex, Nancy, de son vrai nom, a demandé au chanteur de Vas-Y Line d’organiser une deuxième édition. Cette fois-ci, ce sont dix groupes qui se sont succédés sur la scène, une remorque de camion plantée à un bon kilomètre et demi dans les bois.

On est arrivés en fin d’après-midi, juste à temps pour voir Mr. Porky et ses cochonnets. Incontestablement enfant de Mononc’ Serge mais dépourvu des différents degrés de lecture de l’œuvre de son maître, Mr. Porky se râcle la gorge sur des chansons vulgaires et parfois vulgairement nationalistes, accompagné par un trio bien huilé qui emprunte à AC/DC. On pouvait d’ores et déjà deviner que le lexique de la soirée tournerait autour du troufignon. Info

Mr Porky

Autour de nous, les gens s’engluaient déjà de canettes de « bud » tout en se payant des tours de 4 roues et des douches de poussière dégagée par les choppers. Drôle d’univers extrêmement américanisé pour une musique intrinsèquement québécoise, difficilement imaginable en dehors de nos frontières.

Choppers

Vas-y Line a ensuite empoigné le rock de Porky pour le passer dans l’accélérateur et l’enduire de lubrifiant punk. Avec leur théâtral chanteur branché sur une douze volts, Vas-y Line est une excellente alternative un peu plus country-rock à ceux qui pleurent encore Boulimik Foodfight. Le groupe de Varennes devrait lancer son premier disque cet automne.
Info

Vas-y Line

Au tour justement des infatigables vétérans de Boulimik Foodfight, qui ont tenu la scène pour une bonne heure malgré leurs chansons d’une durée moyenne de 45 secondes. Les punks ont rappelé à quel point chanter des paroles de gros et de boisson pouvait être jouissif, et ils n’ont pas pris une ride. Ils sont étonnamment solides. Info

Boulimik Foodfight

WD-40 aussi a fait un show sans faille, eux qui peuvent autant suer le rock que suinter la triste nostalgie. Ils ont conclu leur prestation par une nouvelle chanson, signe que jamais le groupe ne mourra complètement. Mais les 40 ans d’Alex Jones et les 20 ans de sa formation valent bien un dernier petit disque, à prévoir pour l’an prochain ! 

WD-40

Mononc’ Serge a terminé la soirée comme le chef qu’il est, seul avec sa guitare, son immense charisme et la force de ses mots. Info

Mononc’Serge

À notre lever, le lendemain matin, les feux fumaient encore, les canettes se faisaient toujours vider à une vitesse phénoménale et les djs se succédaient sur la scène pour cracher du métal à ce garçon qui ne semblait pas s’en formaliser.

Gars qui dort

Et déjà, les organisateurs promettent de remettre ça au même endroit le 27 octobre prochain pour la quatrième édition du  Festival du Foin. Vous avez un groupe trash et souhaitez vous faire entendre ? Contactez le chanteur de Vas-y Line. En vous souhaitant une bonne brosse !

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« Dans chaque humain, l’art finira par trouver le chemin qui lui est ouvert, même si pour cela il devra faire des pieds et des mains et déjouer les cellules ...