Pochet

Jardin Mécanique : du pur délire!

J’ai déjà peur de ce que je vais écrire et pis j’ai même pas commencé… On m’a torturée pour que je consente à vous livrer un article au sujet des trois débiles qui ont semé Jardin Mécanique. La seule façon de m’épargner d’atroces souffrances a été de leur promettre de commettre un papier à la hauteur de leurs ambitions tyranniques. Messieurs Augustache, Edwige et Camélius feront tout pour mettre leur plan à exécution. Mais ce plan, c’est quoi ? Pour le savoir, faudra aller faire un tour au Lion d’Or le mercredi 12 septembre prochain à 20 h : ils nous annoncent toutes sortes d’affaires abominables pour l’occasion…

En attendant cette séance qui, je l’avoue, me fout gravement la chienne, je me suis tapée le premier album qui a germé dans leurs cerveaux déjantés : La sinistre histoire du Théâtre Tintamarre, épisode 1, une galette de 9 pièces dangereusement inquiétante – et loufoque – qui envahira les magasins de disques dès le 11 septembre. On y trouve 35 minutes de délire musical addictif (ça fait juste 4 fois en ligne que je l’écoute aujourd’hui; il y a quelque chose de louche là-dessous…), un opéra rock nouveau genre bouturé de satire sociale, un univers burlesque très près du Burtonesque, un hybride de cirque ou de fête foraine conjugué de métal pur planté dans un décor de Poe ou de Verne, au choix. Une botanique détraquée dont les racines Chopin, Tchaikovsky ou Shostakovitch se retrouvent greffées autant à une marche militaire qu’à une mélodie de carrousel, une valse ou un rock cinglant… Maintes fois retournée, la terre de leur Jardin atteint maturité : les trois complices derrière le projet ont bichonné leur œuvre pendant des années; chaque son, chaque bruit, chaque détail, chaque clin d’œil a été vu et revu, ajusté et corrigé jusqu’à pleine satisfaction, jusqu’à démoniaque perfection.

Pochette d’album

Ce chaos mûri à point n’est pas sans être romantique, quoique décadent et dégoulinant de sarcasme. Baudelaire et Brel s’emmêlent les branches dans cette sanglante histoire de domination imaginée par trois vieux potes originaires de la Mauricie. Multi-instrumentistes, geeks de son, chanteurs, désormais acteurs, Philippe Coulombe, Sylvain Sicard de Carufel et Francis Gagnon, au fil des années, n’ont rien laissé au hasard et ont même créé leur propre étiquette de disques, Nuke Records, pour arriver à leurs fins. Leur Jardin Mécanique a su se nourrir de l’engrais de multiples collaborateurs de tous horizons, qu’on pense à l’artiste visuelle Véronique Paquette, qui a imaginé une toile par chanson et conçu le visuel de la pochette, à Yannick Chapdelaine, qui assure depuis déjà plusieurs mois la mise en scène et la direction artistique des personnages, ou à Daniel Proulx, qui leur a créé bijoux, costumes et accessoires dans l’esthétique steampunk/rétrofuturiste… et la liste est longue.

Adroitement – et presque imperceptiblement – , le trio désaxé a graduellement investi le paysage musical montréalais, s’attardant au Studio-Théâtre de la Place des Arts, au Divan Orange, au Théâtre Rialto dans le cadre du festival Vue sur la relève, au Quai des Brumes, Ô Patro Vys… Il y a même Monsieur Augustache qui s’est lancé en politique; le Parti Tintamarre du Québec revendique : « Oui à la lobotomie ». De bel augure…

Et à ce rythme-là, si j’étais vous, je ferais attention, on ne parlera bientôt plus que d’eux.

Partout.

Compte-rendu et photos du spectacle-lancement la semaine prochaine !

Jardin Mécanique

Spectacle-lancement La sinistre histoire du Théâtre Tintamarre, épisode 1
Mercredi 12 septembre 2012 – 20 h  au Lion d’Or

17 $ en pré-vente
23 $ à la porte

Jardin Mécanique sera de Comiccon au Palais des Congrès de Montréal du 14 au 16 septembre prochain.

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Blogueur

C’est fou : il existera toujours, là, ici, ailleurs, maintenant, plus tard ou hier encore, une musique qui me fait vibrer par en dedans.