Salut, mon ange gardien

Salut, mon ange gardien.

Ça beigne? C’est cool, t’es dans l’jus, ces temps-ci, non? Je sais, des fois je me plains, je geigne, je te demande plus de boulot… Mais bon vraiment, ces derniers jours tu t’es surpassé, y’a pas à dire.

Ouf, vraiment, j’écris ce billet, agrippée à mon verre de vin (qui n’est pas de refus), chez mon amie et gérante de vie et d’horaires, Geneviève Dubé (merci, ma douce, je ne serais rien sans toi) en me demandant comment je vais traverser ces prochaines semaines tout en conservant ma santé mentale.

Lundi, j’ai commencé à tourner la troisième saison de la web série Juliette en direct. En plus d’y jouer le rôle d’une ado presque détestable dans cette merveilleuse émission pour enfants, j’ai la chance de travailler avec l’équipe de Passez Go qui est formée des gens les plus adorables et talentueux en ville. Sérieux, en plus d’avoir des projets de « show jeunesse »  ambitieux et qui sont de grandes réussites, ils vous donnent carrément envie de vous lever à 6h du mat’ question de se pointer sur le plateau à 7 h. Vous en connaissez beaucoup des gens comme ça? Bon. Alors oui, c’est génial, mais bon Dieu que c’est tôt pour une pauvre « adulescente » comme moi. Allez hop, lundi, on set à 6 h 30, maquillage-coiffure qui me confèrent le look d’une gamine de 16 ans. Exaltation, joie et angoisse d’une bonne journée de tournage.

Le soir même, j’ai eu le plaisir d’être présente à la première du film d’animation Paranorman, en salle le 17 aout, dans lequel je prête ma voix à un des personnages. Dans la vie, c’est mon métier, le doublage. C’est ce que j’aime, ça me fait vibrer. Pas de game à jouer, pas de look à se créer : que du jeu pur, du jeu vrai, sinon aussitôt repéré. Une voix, ça ne peut pas tellement tromper. J’adore le fait de devoir coller à la peau et au rôle de quelqu’un. De devoir interpréter ses moindres intonations ou mimiques. Depuis que j’ai l’âge de 12 ans, j’ai du plaisir sans bon sens à être la version francophone de plusieurs comédiennes ou dessins animés. Et oui, je peux voir les films avant tout le monde! Muhahahah. Donc voilà, lundi j’étais au ciné pour voir le résultat de notre travail. Comme en témoigne la photo, nous étions (Jean-Carl Boucher que j’aime d’un amour sans borne, Alexis Plante, Mitsou, Émilien Néron, Éric Salvail et moi) présents en tant que doubleurs dudit film. Nous avons répondu et souri à qui mieux-mieux aux journalistes présents, et avons eu la chance de voir cet excellent film que je suggère à tout le monde. Mine de rien, c’est épuisant ce genre de soirée. Il faut être spirituel et alerte pour répondre aux questions. Penser à ne pas dire de conneries. À ne pas laisser voir sa gomme dans sa bouche. Faut dire que je ne suis pas très douée pour ça… Mais bon, ça s’est bien passé, et les gens de chez Alliance nous ont si bien encadrés que ça a passé très vite, dans le respect et la bonne humeur.

Mardi, je doublais une série animée en avant-midi et je jouais Le Malade imaginaire (dont je vous ai entretenu avec vigueur dans le précédent billet) le soir même. Donc je répétais dès midi : on a pratiqué les scènes, vérifié les détails techniques, repassé les costumes froissés, etc. Voici d’ailleurs une petite photo d’une partie de notre sympathique tribu (Pascale Brochu, Stéphanie Ribeyreix, Jean-Charles Fonti et moi) dans les somptueuses loges du Lion d’Or. Belle salle, public sympa. Mais héééé oui, qui dit « adrénaline » dit aussi « Salut-j’ai-besoin-de-boire-un-verre-et-de-tripper-avec-mes-amis-de-la-scène-après-avoir-joué-un-show-et-sué-ma-vie ». Oui, c’est ça que ça veut dire. Ce qui me mena insidieusement à me coucher quelque peu tard.

Ce matin (ou hier, c’est selon l’heure à laquelle j’envoie ce billet), j’étais de retour avec mes copains de « Juliette en direct ». Heureusement (et, franchement, quel bonheur!), dans la scène que l’on enregistrait à l’aurore, mon personnage Jessica était dans son lit. En pyjama. Alleluia.  Mais tout n’est pas si simple. J’ai quand même dû partager mon heure allouée pour dîner avec une audition à l’autre bout de la ville et un chauffeur de taxi. Fort sympathique, du reste, mais qui ne m’a pas nourri. Il a donc fallu que je compte sur Sarah, la cantinière du plateau, pour me tendre un « ficello », des pâtes et un RedBull.

Et, le soir venu… film tranquille et dodo… HAHAHAHA. Non. J’étais en doublage. Et ce matin, ça recommençait à 6 h 30.

Sacré ange-gardien. Tu m’en fais voir de toutes les couleurs. Maudit que je t’aime.

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Blogueur

Catherine Brunet

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Chaque mois, dans sa rubrique « Artistes à la trace », le Lèche-Vitrine suit un artiste dans la planification ou la réalisation de son œuvre, qui vient parta...