Entre 2 eaux
Bon. Qu’est-ce qui se passe à Montréal entre les Francos et le Jazz? Des tas d’affaires! Mais, surtout : le Fringe et la Saint-Jean!
Vendredi dernier, j’ai assisté à la première de Maluron Malurette, la première production de la compagnie Tidlidoum présentée du 15 au 24 juin au Bain Saint-Michel. J’ai couru pour y arriver à temps après le boulot, mais ça n’a servi à rien : une belle petite file m’attendait à la porte. Problème logistique en vue : le guichetier, bien installé avec sa petite caisse et son français plus qu’approximatif, n’avait pas de billets! En attendant que le runner s’amène en roulant, les comédiens sont venus nous tenir compagnie dans la moite chaleur de juin. Ça a vite donné le ton : sans prétention, plein d’humour et de simplicité. D’un brin impatiente, l’atmosphère s’est révélée rapidement bon enfant, alors que Dominic St-Laurent nous égayait de son accordéon et que son harem d’antan (Isabel Rancier, Marie Deaudelin, Anne-Sophie Tougas et Andréanne Marchand-Girard) nous serrait la pince d’un accent campagnard bien senti.
Mis en scène par Frédéric-Antoine Guimond, Maluron Malurette est inspiré d’une « création collective présentée en 2010 sous la supervision de Claude Laroche au collège Lionel-Groulx », nous précise le programme de soirée. Avec quelques minutes de retard, le public prend place sur les chaises dans le Bain alors que la famille Bolduc s’affaire. À peu près tous diplômés en Théâtre musical de l’institution, les comédiens nous font visiter leur cuisine des années 30, là où la soupe aux patates est régime quotidien : c’est la crise. La mère épluche des patates, l’aînée discute de style avec deux demoiselles de l’assistance, la cadette brode sur scène, l’autre se tient à l’écart. Alors que le mari, sans emploi, se perd dans les tavernes au lieu d’acheter du pain pour sa famille, madame Bolduc, enceinte d’un quatrième, considère avec ravissement l’arrivée impromptue d’une de ses filles, partie courir après gloire et chimères en ville en vain. Entre l’aînée, revendicatrice du droit de vote aux femmes, et la cadette, toute en naïveté, les quatre femmes jasent avenir, jasent mari. Sur des airs du terroir parfois oubliés, toute la famille nous partage son univers : petites chorégraphies, accompagnement au piano (Camille Brunet-Villeneuve), harmonies vocales, claquette, trompette, alouette! Une petite heure de divertissement quelque 80 ans en arrière. 50 minutes pour une dizaine de chansons. Tantôt burlesque, tantôt tristounette, la courte pièce demeure le bon point de départ d’un petit théâtre musical qui pourrait devenir grand.
Énergie, complicité
Jusqu’au 24 juin, plus d’information sur le spectacle
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L’Autre Saint-Jean
Sinon, après les bains de foule trop intenses des dernières semaines, avant le gros party annuel du Parc Maisonneuve (24 juin), on peut aller dans la moindre mesure pour la veillée de L’Autre Saint-Jean, 4e du nom, au Parc Pélican (rue Molson, entre Masson et Saint-Joseph). En lice pour conquérir notre cœur de Québécois sur scène cette année, succédant aux Jimmy Hunt, Gatineau, Yann Perreau, Karkwa et Galaxie de l’an dernier : Malajube (ça tombe bien, je les ai manqués samedi dernier), Plaster (très hâte d’entendre le nouveau Plaster), Socalled (qu’on adore), Yves Lambert et le Bébert Orchestra (ça va swinguer), Les Revenants (gros blitz médiatique ce printemps – et avec raison !), Alaclair Ensemble (pour le postrigodon), DJ Seba (pour ouvrir la soirée, le tout animé par MC Gilles (qui d’autre!). Y’a pas à dire : L’Autre Saint-Jean, ça promet!
Bon, je vous l’ai déjà dit, je ne suis pas journaliste, mais là, j’ai pas trouvé ça évident au 5 @ 7 de lancement le jeudi 31 mai au Baptiste sur Masson. Je sais que ces affaires-là commencent jamais à l’heure, faque je me pointe à 17 h 30. Pas grand-monde à l’horizon, mais le bar se remplit quand même tranquillement. Je m’empare du communiqué à l’entrée. Y me semble qu’il me manque au moins une page… Je n’ai pas toute l’info! Vive le téléphone intelligent : je cherche sur le Web, d’un coup que. Et bam : le communiqué est déjà relayé un peu partout dans la Webosphère. Ça fait ouch de voir que tout soit déjà là, disponible, en ligne, alors que le dévoilement n’est même pas encore commencé! Timide de nature, j’attends sagement que les choses se passent, n’osant pas trop déranger les artistes déjà présents, en plein 5 @ 7 bièresque.
4e édition, donc. Nouveaux partenaires. Sept bands. Un animateur délirant. Couvre-feu à 1 h du matin cette année, permission spéciale. Après 2-3 blablas acclamés par moult approbations dans la salle, on nous sert la poutine, short and sweet. Et pis ciao bye, on se revoit le 23! Parfaitement court, parfaitement concis, c’est tout ce qu’on voulait : les 5 W. Qui / Quand / Quoi / Où / Comment. Réponses : Toi Moi / le 23 juin dès 17 h / L’Autre Saint-Jean / Parc Pélican / fêter le Québec pis l’été qui s’amène pour succéder à notre printemps mouvementé. Grétis en plus.
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