Le-Petit-Prince

Un drôle de voyage

Un conte faussement enfantin. Une chorégraphe avec un grand cœur. Voilà tout ce que ça prend pour que l’un des plus grands bijoux de la littérature trouve son écho sur scène. Les Grands Ballets Canadiens présente Le Petit Prince. Une œuvre intemporelle pour une création contemporaine.

Didy Veldman, chorégraphe néerlandaise s’est penchée sur cette œuvre si célèbre qu’est Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, comme tant d’autres avant elle. Mais elle est la première à en créer un spectacle complet. Rien de moins qu’un ballet. Son désir « de retranscrire en mouvement la poésie et la pureté de ce récit unique » a pris son envol à Montréal sur les planches du Théâtre Maisonneuve, jeudi dernier. Le public était impatient et légèrement angoissé à l’idée d’assister à cette redécouverte d’un grand classique.

Il est important de laisser à la porte toute attente préconçue pour le premier soliste André Silva que vous verrez, certains soirs, sous les traits du Serpent. Il faut se laisser surprendre, se laisser offrir ce spectacle ce que je rajoute pour ma part, en toute humilité. J’ai donc apprécié l’imaginaire littéraire de ce conte philosophique, mais également et plus sûrement, l’imaginaire scénique élaboré. La chorégraphe avoue elle-même s’être accordée une certaine latitude face à l’œuvre originale. L’essentiel, c’est d’assister au mariage, de plus en plus fréquent, de la littérature et de la danse.

Le Petit Prince est l’une de ces histoires qui trouvent leur pertinence à toute époque, alors la touche moderne et créative dont se pare le spectacle n’est nullement superflue. Une histoire sur l’enfance, sur cette part de soi qui prend le large sans raison, sur les affronts d’un monde qui ne prend pas de gants. Une histoire universelle, dont les grands thèmes, toujours d’actualité, trouvent parfaitement leur place dans l’expression chorégraphique.

Votre soirée peut devenir magique si vous vous laissez tenter par le nouveau visage de ce conte mythique. Une trentaine de danseurs seront là pour vous « dessiner un mouton » dans un décor aérien conçue par Kimie Nakano, sur des airs savamment arrangés par Philip Feeney. Un de mes moments préférés fut celui où les notes de Do you love me  de The Contours, arrivèrent à mes oreilles.

Il n’est pas trop tard pour vous procurer des billets, les représentations continuent jusqu’au 12 mai. Retrouvez l’enfant en vous, il ne fait qu’attendre…

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Blogueur

De l’autre côté du jour, sensible aux vérités silencieuses, aux beautés muettes et à la subjectivité des choses simples. Un regard pour chaque élan.