Où seront-elles dans 35 ans?

Mardi le 1er mai, j’ai assisté à la finale du concours les Francouvertes. Après avoir assisté aux étapes de pré-sélection et à la demi-finale, c’est sur la scène du Club Soda que se concluait l’édition 2012. Francis Faubert, les sœurs Boulay et le groupe Gazoline ont offert leur meilleure performance devant une salle pleine à craquer d’amateurs de musique et d’intervenants de l’industrie de la musique. Au total, 11 soirées (10 au Lion d’or) et 21 participants et des milliers de spectateurs ont participé à cette célébration de le musique.

Quelques jours avant de me rendre à cette finale, je tombai sur un documentaire diffusé par Télé Québec : «J ’m’en va r’viendre ». Réalisé par Sarah Fortin en 2012, on y retrouve Stephen Faulkner qui songe à raccrocher sa guitare et à tout laisser tomber, mais sa rencontre avec le jeune Carl Prévost l’incite à persévérer et à y croire encore. Des répétitions s’enchaînent et un projet de disque et de tournée fait même surface.

Ce documentaire a provoqué chez moi une réflexion par rapport au métier de promotion d’artistes que je pratique. Il faut être courageux, réussir à faire des compromis, être humble et travaillant, parfois jusqu’à l’essoufflement, pour être auteur-compositeur-interprète. Jour après jour, celui-ci rencontre son public et livre une partie de son âme et de son intimité. Plusieurs intervenants du milieu m’ont d’ailleurs souvent dit « être un artiste c’est souvent 10 % de talent et 90 % de travail ». Je lève donc mon chapeau à tous ces artistes qui nous donnent souvent sans compter.

C’est dans cet esprit que, une semaine après la finale, je me suis rendu à la rencontre des gagnantes de l’édition 2012, les sœurs Boulay, à la Casa Del Popolo rue St-Laurent. Entrevue.

Jason : Bonjour à vous, une semaine plus tard vous êtes probablement au bout de votre course aux entrevues post-Francouvertes?

Stéphanie : Non, pas encore, il nous en reste encore quelques unes…

Mélanie : J’aime ça faire des entrevues. C’est loin d’être comme aller travailler (rires), c’est toujours des bonnes discussions vec des gens. C’est agréable.

Jason : Vous venez d’où précisément, en Gaspésie?

Mélanie : de New Richmond dans la Baie des chaleurs.

Jason : Ça fait autour de 4 ans que vous êtes à Montréal?

Stéphanie : Oui à peu près. En fait ça fera 5 ans en juillet. Ça a passé tellement vite. On a habité 4 ans ensemble Mélanie et moi, et maintenant nous vivons chacune de notre côté.

Jason : Êtes-vous déménagées à Montréal pour faire de la musique?

Mélanie : De mon côté, c’était pour étudier en musique au Cégep Marie-Victorin.

Stéphanie : J’ai habité 3 ans à Drummondville pour étudier la musique aussi, au Cégep.

Mélanie : Quand je suis finalement arrivée à Montréal ça a été un gros dépaysement. Après trois mois, j’avais envie de revenir chez moi.

Jason : Votre père était-il présent à la finale des Francouvertes?

Mélanie : Oui, et il était vraiment cute! Il était en larmes et tellement content de nous voir là!

Stéphanie : C’est un exploit parce qu’il n’aime pas venir à Montréal.

Mélanie : Il est quand même très engagé dans notre carrière. J’ai fait le festival de chanson de Granby à l’automne et il est venu me voir de la Gaspésie.

Stéphanie : En Gaspésie c’est lui qui vend notre EP - extended play  (rires). Il se promène dans les dépanneurs, les pharmacies, etc. On est chanceuses qu’il s’en occupe.

Soeurs Boulay | Photo : Michel Pinault

Jason : Avez-vous déjà reçu des propositions de maisons de disque?

Stéphanie : Pour l’instant on est tellement dans notre bulle!

Mélanie : Oui, on a déjà eu plusieurs offres, mais nous ne sommes pas pressées, parce que notre été est quand même chargé et qu’on veut prendre notre temps pour bien faire les choses. On souhaite profiter de la période estivale pour écrire des chansons. Tout ça pour vraiment avoir le bon choix du contenu de notre premier album et nous concentrer sur les spectacles qui s’en viennent.

Stéphanie : Ce qui est surprenant pour nous, c’est qu’on pensait qu’il aurait fallu approcher les maisons de disques et que ce serait difficile. Mais là, c’est le contraire qui se passe. On est vraiment heureuse de ça.

Jason : Quelles sont vos influences musicales?

Stéphanie : Pour moi, tout a commencé avec les Beatles, ça c’est certain. Chez nous quand nous étions plus jeune, il y a trois artistes qui jouaient : Elvis, les Beatles et Joe Dassin.

Mélanie : Il y avait les BB aussi qui jouaient (rires)!

Stéphanie : Au secondaire, j’ai découvert Joni Mitchell. J’en parle et j’ai des frissons. C’est LA chanteuse Folk canadienne en plus et ça m’a suivi tout le Cégep aussi.

Mélanie : C’est qu’en plus d’être une chanteuse folk, elle a le respect de ses paires et elle a touché à tout. Elle a fait du jazz, elle a joué avec les plus grands musiciens, elle a eu aussi une phase plus rock. De mon côté, il y a l’album Boum Bom de Richard Desjardins… aussi Neil Young. Beaucoup de Québécois : Philippe B., entre autres. Plus jeune, j’ai eu une phase plus rock avec les Nirvana, RadioHead, etc.

Jason : C’est tout ce mélange de genres qui vous a amené à faire du country-folk?

Mélanie : Le country a toujours été là depuis notre enfance. Dans le pick-up de mon père, c’était toujours la station de radio country qui jouait.

Stéphanie : Parce que nous, plus jeunes, on allait à la chasse et à la pêche. Moi, j’étais la plus petite, donc j’étais toujours celle qui était assise au milieu. Quand il fallait changer de vitesse c’est moi qui l’faisait et je me souviens qu’il y avait ce poste de country qui jouait.

Mélanie : Moi je faisais des prières pour qu’on trouve des perdrix et des ours (rires).

Stéphanie : On chantait sur le « CB » au monsieur qui était dans leur pick up. Des fois ils nous répondaient « c’est beau », des fois « J’avais hâte que ça finisse » (rires).

Jason : Merci beaucoup pour votre générosité. Ma dernière question : comment vous projetez-vous dans 35 ans?

Mélanie : Je ne pense pas à ça! Je pense que ça me ralentirait plus qu’autre chose. Je vis ça au jour le jour. Même dans ma vie je suis comme ça, épicurienne, moment présent.

Stéphanie : Je pense qu’à la base et bien avant ce projet-là, on est musicienne. Le but est un jour d’arriver à gagner notre vie avec la musique peu importe comment.

Ce fût une rencontre humaine, sans prétention et joyeuse. Elles seront entre autres en première partie d’Alex Nevsky, le 11 mai au Cabaret du Mile-End. Pour connaître un peu plus les Sœurs Boulay et les dates de leur tournée cliquez ici pour visiter leur site.

 

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