Midsummer : l’amour folk
Midsummer, c’est l’histoire improbable d’Helena et Bob. Elle, est une avocate toujours à la poursuite de relations vouées à l’échec. Lui, est un poète raté faisant des magouilles avec des truands d’Édimbourg. Ils ont tous les deux 35 ans et tout les sépare dans la vie. Ils partageront leur intimité le temps d’une soirée. C’est ce qu’ils avaient convenu. Pourtant, le destin aura d’autres plans pour ces deux êtres aux antipodes qui vivront, durant le solstice d’été, une journée inattendue leur offrant la possibilité de vivre autrement.
On avait déjà vu Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant jouer ensemble. C’était dans le film Borderline. Elle, incarnait le personnage de Kiki, une jeune femme écorchée par la vie tandis que lui, jouait le rôle d’un pâtissier timide épris de cette dernière. La chimie des deux acteurs était indéniable à l’écran. Pour notre plus grand bonheur, on peut retrouver cette même chimie entre Blais et Brillant sur scène. Leur complicité transparaît autant dans leurs répliques que dans leur gestuelle. Dans cette comédie, Isabelle Blais fait preuve d’une énergie à toute épreuve tout comme son partenaire. Le duo joue avec conviction les folles péripéties d’Helena et Bob qui font vivre aux spectateurs des situations plus cocasses les unes que les autres. On peut même parfois s’y reconnaître ou du moins, on aimerait bien s’y reconnaître le temps d’une soirée. Ici, mention spéciale à la scène du bondage japonais qui ne peut que vous faire éclater de rire.
Le décor de cette comédie folk est intimiste et épuré, un peu à l’image du style musical exploité. On peut apercevoir sur la scène deux guitares, deux chaises, une table, une bouteille d’alcool, quelques vêtements et un paravent qui laisse entrevoir quelques éléments, qui serviront tout au long de la pièce. Un rideau rouge bourgogne couvre le fond. Dès la minute qu’on observe les éléments du décor, la pièce est entamée. On rentre dans l’univers de Midsummer. Le décor de la pièce nous rappelle l’intimité d’une chambre à coucher. Cette chambre où l’on se dénude sans gêne, où l’on se retrouve souvent face à soi-même. C’est dans ce décor propice aux révélations que l’on découvrira l’histoire d’Helena et Bob.
Composée par Gordon McIntyre, la musique folk fait partie intégrante de Midsummer. Ici, on ne parle pas de comédie musicale. N’étant pas l’essence du spectacle, les chansons sont plutôt des parties chantées du scénario. Elles ont cette capacité de révéler davantage au public la nature des réflexions intérieures d’Helena et Bob dans leur univers parfois mélancolique et souvent très comique. Les spectateurs auront le plaisir d’entendre les voix d’Isabelle Blais et de Pierre-Luc Brillant, qui se prêtent parfaitement au style folk. Il faut dire que pour ces derniers, la musique est une passion tout aussi forte que le jeu. Les deux acteurs font partie de groupes de musique depuis plusieurs années. Au courant de l’année, tous les deux sortiront un nouvel album avec leur groupe respectif.
Avec Midsummer, Philippe Lambert signe une mise en scène touchante qui s’accorde avec justesse aux mots vivants et dynamiques d’Olivier Choinière. Cette réflexion sur la portée de nos choix nous rappelle qu’il est toujours possible de recommencer. Il suffit parfois de dire oui et d’ouvrir par ce mot d’apparence si simple les portes inespérées de la liberté.
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