L’expérience d’un processus de création sous le dôme
J’ai découvert un univers que j’ignorais possible. Dérouté et agréablement surpris, comme si je redevenais un enfant qui expérimente quelque chose pour la première fois. C’est ce genre de sentiment que je recherche dans ma quête d’activités artistiques et j’ai été servi lors du tout premier atelier du projet Espace Temps à la Société des arts technologiques.
Il y a quelques semaines, j’ai vécu un moment unique. Il m’aura fallu tout ce temps pour intégrer ce que j’avais vécu, pour pouvoir vous révéler cette expérience avec force et éloquence. En fait, c’est un film vu récemment qui m’en a fait comprendre l’essence : au lieu d’être un spectateur statique, on m’avait habillé du spectacle. Comme si, soudainement, j’avais compris que le premier atelier créatif Dimension X : Espace visuel du projet Espace Temps m’avait permis d’être dans l’image et le son.
Espace Temps c’est quoi?
C’est d’abord un projet qui se décline en quatre étapes et débute par une série de trois ateliers symbolisant les variables de l’espace-temps vu par Dj Mini, soit : l’espace visuel (x), l’espace chorégraphique (y) et l’espace sonore (z) qui s’achèvera par la production d’un album à l’été 2012. Je me trouvais très privilégié de pouvoir ainsi assister au processus de création de ce projet novateur et unique au Québec, peut-être même au Canada.
Dimension X : l’Espace visuel du 6 mars 2012
Le premier atelier est à mon sens le test ultime du cheminement de l’équipe composée d’une vingtaine de personnes (technicien, styliste, artistes, etc.) et de DJ Mini, dont la musique constitue le centre du projet. Ça passe où ça casse. Dans un contexte présentant de multiples défis techniques, tout est à faire, à tenter pour une première fois. Je sentais la fébrilité qui régnait dans cette salle singulière, où presque 250 personnes assistaient, couchées sur d’immenses coussins gonflables et les yeux rivés au dôme qui la chapeaute, à l’expérience qui allait se produire. Les lumières se sont éteintes, ça commençait.
Il aura suffit de quelques secondes pour que la magie opère et que je me sente emporté dans un autre monde, une autre dimension. Je n’avais jamais été au centre de l’image de cette façon. Mon regard balayait le plafond, le dôme, car je ne voulais rien manquer. Puis, nous étions invités à manipuler l’intensité et la provenance du son à l’aide de contrôles sur des iPads et téléphones intelligents. Des membres de l’équipe se promenaient avec leurs outils pour inciter le public à interagir avec le son pour que chacun, à sa façon, puisse entrer en symbiose avec l’image. J’étais personnellement figé, je n’ai pas osé essayer. Ce que je voyais et entendais était plus grand que moi, je ne concevais faire mieux. J’ai regardé mon voisin de coussin se lancer … fascinant! En plus d’être immergé dans l’image et le son qui se baladait dans les 157 hauts-parleurs que compte la Satosphère et ce, au gré des manipulations des spectateurs. Wow! Cette musique, cette voix. Fin. Retour au processus de création.
DJ Mini : « Ce sont des tests sur lesquels nous travaillons, ce ne sont pas des versions finales ». Vraiment? Alors, je me dis : c’est certain que je vais suivre ce projet, je suis déjà vendu au concept, à la musique et à la démarche. Elle me tire soudain de cette furtive pensée et ajoute : « Vous allez maintenant être immergés dans un environnement visuel proposé par le VJ Aurélien Lafargue, qui a été inspiré par une de mes musiques ». Parfait! Je suis prêt à découvrir un autre tableau, une autre musique!
Défis techniques obligent, DJ Mini en profite pour nous décrire davantage le projet : « À l’automne, il y aura au final une heure de spectacle avec une chorégraphie de danse contemporaine (altelier Y), une collaboration en live de Jorane et de l’harpiste Marie-Michèle (atelier Z) et, bien sûr, l’environnement visuel et ma musique pendant tout le spectacle. Ce sera un spectacle multi-sensoriel à grand déploiement ».
La musique recommence juste au bon moment, comme si les complexes opérations techniques faisaient partie de l’atelier. Que dis-je? Elles en font partie, puisqu’on nous a conviés à participer au processus de création! Les lumières se referment et me voilà à nouveau immergé dans l’image et le son. Après chacun des tableaux, DJ Mini prenant grand soin de venir tâter le pouls du public, de répondre à nos questions, de nous expliquer ce que nous venions de voir et de nous dévoiler les prochaines étapes.
S’il vous prend l’envie d’avoir le privilège de découvrir cet univers avant tout le monde, il reste encore deux ateliers pour, vous aussi, participer à ce processus de création du projet Espace Temps. Le prochain aura lieu le mardi 10 avril à la Satosphère de la Société des arts technologiques.
Dimension Y : Atelier Chorégraphique où le son, l’image et la danse s’entremêlent en 360 degrés. On s’y retrouve?!


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