La fille aux alentours
Lorsque vous êtes auteure-compositeure-interprète, bassiste et maman, votre emploi du temps est plutôt chargé. Heureusement qu’il y a des gens dans l’ombre qui sont là pour vous aider à y voir clair.
Nous y sommes. L’accouchement du Lèche-vitrine est finalement arrivé. Ce ne fut pas si douloureux. J’ai même retrouvé ma taille d’antan. Sérieusement, ce sera un réel plaisir de vous partager ma passion pour la musique!
Comme première offrande, j’ai pensé à Marie-Pierre Arthur qui a lancé son album, Aux alentours, le 7 février dernier. Cet opus est du solide. Oubliez la fameuse malédiction du deuxième album. C’est parfois planant, parfois funky, parfois carrément rock. Sur scène, au lancement, ça sonnait comme une tonne de briques.
Marie-Pierre peut compter sur une équipe toute étoile de collaborateurs. Lorsque l’on a Gaële, François Lafontaine, Olivier Langevin, Robbie Kuster, Joe Grass, Julien Sagot et Louis-Jean Cormier à ses côtés, disons qu’on a de solides bases! C’est toutefois d’une autre personne de son entourage dont je veux vous parler.
Les réflecteurs, très peu pour elle. En fait, Stéphanie Richard les fuit comme la peste. Elle a tout de même accepté de démystifier un peu son boulot. Seulement pour vous. Bande de chanceux. Au lancement, lorsque Marie-Pierre Arthur a déposé sa basse Höfner à la fin de sa prestation, son attachée de presse, Stéphanie Richard, a senti un peu beaucoup de pression tomber au même moment. Son travail s’intensifie quelques semaines avant un lancement. Elle entre en contact avec les médias, plus activement, environ deux semaines avant le jour J. Souvent, ce contact s’effectue par courriel.
Un peu avant le lancement, celle-ci envoie le nouvel album de l’artiste à ces mêmes médias. Dès lors, la machine prend de la vitesse. L’artiste est alors sollicité pour faire des entrevues, la une des journaux, des séances photos, etc. Les quelques jours qui restent, Stéphanie s’assure que les médias seront du lancement et elle fait la réservation des caméras qui capteront la prestation de quelques chansons.
Stressante cette période, Stéphanie? « Étant stressée et angoissée d’emblée, je ne suis pas une référence! » lance-t-elle en riant. « Par contre, c’est sûr que cette période est propice à faire de l’insomnie car même si tout se déroule bien, mon côté perfectionniste prend le dessus. Je suis capable d’être zen tu sais… mais pas avant un lancement! » Je me suis souvent demandé à quoi pouvait ressembler une relation attaché(e) de presse / artiste. « Je suis une fille pour qui les relations humaines sont très importantes. » dit Stéphanie. « J’aime avoir une relation amicale et de confiance avec mes artistes. » En plus de travailler avec Marie-Pierre Arthur, elle est l’attachée de Julien Sagot, membre de Karkwa effectuant actuellement une carrière solo.
Au fait, peut-on être appelé à exécuter d’autres tâches? « Absolument! » répond Stéphanie. « J’ai dû m’improviser maquilleuse pour un artiste paniqué avant une séance photo pour la une d’un journal. C’est fou ce que l’on peut faire avec un cache cerne! J’ai également dû supplier un marchand de musique afin qu’il nous ouvre sa boutique avant l’heure prévue. Nous avions besoin d’un gazou pour une performance télévisuelle! » Parlant de performance et de contenu musical, doit-on obligatoirement aimer ce que l’artiste fait pour être son attaché(e) de presse? « En ce qui me concerne, tout à fait. » rétorque Stéphanie. « J’écoute souvent la musique de mes protégés lorsque je bosse. Je m’imprègne de leur œuvre. »
En résumé, être attaché(e) de presse c’est du gros stress, des heures de sommeil escamotées et écouter ses artistes répéter les mêêêmes réponses aux mêêêmes questions en entrevue. « Si tu veux une job de 9 à 5, ce n’est pas pour toi, c’est évident. Toutefois, quand tu vois le résultat final, c’est super gratifiant. En plus, ça te permet de voir du pays. La routine, connais pas! » dit-elle.
Si vous voulez faire ce boulot, des études en relations publiques risquent d’être un pré-requis. Stéphanie a plutôt appris « sur le tas » après qu’un attaché lui ait parlé de son métier. Elle a aussitôt eu la piqûre. Pourtant, c’est en arts plastiques qu’elle avait fait ses études. Parcours atypique pour un emploi atypique, fait de belle façon par une fille sympathique.
Ainsi soit-il.
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